Réunion de Marrakech sur les médicaments falsifiés

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 Sous la présidence de Jean-Yves Ollivier, la Fondation Brazzaville a organisé une réunion de deux jours à Marrakech les 12 et 14 juin afin de débattre de la lutte contre le trafic de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés.

 

La Fondation a été invitée à soutenir et à aider à coordonner une nouvelle initiative prise par cinq chefs d’État d’Afrique de l’Ouest (Niger, Togo, Ghana, Sénégal et Congo Brazzaville). La réunion a examiné la manière de faire progresser cette initiative et de s’assurer qu’elle aura un impact décisif.

Parmi les 30 participants figuraient les ambassadeurs sénégalais et congolais au Maroc; un représentant du ministère des Affaires étrangères marocain; un certain nombre de personnes travaillant sur ces sujets au plus près du terrain, en Afrique, notamment la directrice des pharmacies du Niger, ainsi que ses collègues guinéens et marocains; des représentants d'ONG intéressées, notamment le Harvard Global Health Institute, la Ichikovitz Family Foundation, le Forum sur la sécurité en Afrique et l'Institut de recherche pour le dialogue des civilisations; et Jean-Louis Bruguière et Kabiné Komara du conseil consultatif de la Fondation Brazzaville.

Les points majeurs qui ont émergé de la discussion étaient : 

Le trafic de médicaments falsifiés est un problème complexe et pour lutter efficacement, cela nécessite un certains nombre d’actions diverses et une forte coopération entre de nombreux acteurs. Il n'y a pas de solutions rapides et faciles. Mais cette nouvelle initiative pourrait faire une réelle différence. Elle propose de : 

  • Introduire / harmoniser la législation pour criminaliser le trafic de faux médicaments et prévoir des sanctions pénales sévères et de meilleures dispositions en matière d'extradition. La signature et la ratification de la Convention sur le microcrédit, l'accord international visant à ériger en infraction pénale le trafic de faux médicaments, joue un rôle essentiel, de même que le modèle de législation de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) conçu pour aider à la mise en oeuvre des recommandations de la convention Medicrime. Les liens croissants entre la criminalité transnationale et le financement du terrorisme ont renforcé l’urgence de prendre de telles mesures.
  • Assurer une meilleure application de la loi en rassemblant les efforts des ministères et des départements clés (police, douanes, intérieur / sécurité, santé, justice) sous le contrôle direct du président. Une suggestion a été de créer des groupes de travail spéciaux afin d’effectuer cette tache. L'amélioration du partage du renseignement et la nécessité de formation / renforcement des capacités ont également été soulignées.

Il a également été suggéré que l'initiative des cinq chefs d'Etat puisse jouer un rôle vital en tant que modèle auquel d'autres membres de la CEDEAO et de l'UA pourraient être invités à se joindre. En outre, le fait que les pays africains rejoignent l’initiative de cette manière augmenterait la pression sur la communauté internationale pour qu’elle agisse.

L’initiative devrait être appuyée par de solides programmes de communication (par pays) visant à sensibiliser le public et à assurer que les consommateurs soient correctement informés.

Autres points clés

  • Nécessité d'une production locale / régionale de médicaments génériques abordables et de qualité, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des importations d'Inde, de Chine, etc.
  • L'importance de la recherche en parallèle pour établir I) une base de données probantes permettant de justifier les arguments politiques en faveur d'une action; et II) établir des bases de référence permettant de mesurer les résultats des nouvelles initiatives.
  • La nécessité de trouver des moyens de s'attaquer à ce problème à la source dans des pays comme l'Inde et la Chine, où une grande partie du trafic provient actuellement, par exemple en faisant appel aux réseaux BRIC.
  • La nécessité de veiller à ce que la communauté internationale accorde au trafic de médicaments falsifiés la même priorité et les mêmes ressources que le trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes / le blanchiment d’argent et que les mêmes instruments internationaux de coopération soient utilisés pour le combattre.
  • L’idée d’une déclaration formelle des chefs d’État s’engageant à ne pas accepter d’argent provenant de ce trafic illicite pour financer leurs campagnes électorales.