Interview - Jean-Yves Ollivier : "La Fondation Brazzaville n'a nullement vocation à diriger le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo"

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Interview - Jean-Yves Ollivier : "La Fondation Brazzaville n'a nullement vocation à diriger le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo"

 

Jean-Yves Ollivier : "La Fondation Brazzaville n'a nullement vocation à diriger le Fonds bleu pour le Bassin du Congo" 


INTERVIEW De Jean-Yves Ollivier par guy-gervais Kitina publiee dans Les depeches de brazzaville pour ADIAC-CONGO 

 

Le Président de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l'environnement, organisation à but non lucratif initiatrice du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, Jean-Yves Ollivier s’est confié aux Dépêches de Brazzaville à la suite de l’accord de création du Fonds Bleu  pour le Bassin du Congo conclu le 9 mars à Oyo. Il évoque l’intérêt de cette initiative pour les pays membres du Bassin du Congo, le rôle du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, et l’accompagnement de son organisme pour la réussite de ce projet.

Les Dépêches de Brazzaville : pouvez-vous rappeler la genèse du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ?

Jean Yves Ollivier : La Fondation Brazzaville, en lançant cette initiative, avait comme préoccupation la préservation de la nature, de l’environnement mais également de la paix par un regroupement des pays membres de cet espace régional (Bassin du Congo), en s’appuyant bien entendu sur les intérêts des populations.

Nous avons donc pensé porter ce projet à la COP 22 où la réglementation nous interdisait, en tant qu’Ong, de le présenter où de le faire passer sans parrainage. Pour cette raison, nous avons sollicité les présidents congolais et gabonais, en l’occurrence Denis Sassou N’Guesso et Ali Bongo Ondimba qui ont accepté de le soutenir. C’est ainsi que lors de la réunion entre les présidents de l’Afrique centrale et le roi Mohammed VI, le chef de l’Etat congolais a été désigné pour en suivre le déroulement et contrôler la marche. C’est dire que son rôle est celui de l’initiateur et du contrôleur.

LDB : Le Fonds étant acté que reste-t-il à faire et comment procéder pour une véritable mise en œuvre de cette initiative ?

JYO : Avant de parler de lever les fonds il faut avant tout se convaincre si les partenaires et autres donateurs potentiels sont confortés par l’organisation et le mode de fonctionnement de ce fonds. Si l’on ne crée pas un fonds qui correspond aux désideratas des donateurs il n’est pas certain qu’il bénéficiera d’un soutien quelconque. Dans cette perspective nous avons rencontré et échangé avec la Banque mondiale et les Nations unies avant son annonce afin de prendre leurs avis sur ce qu’est ce Fonds et comment il devra fonctionner pour susciter leur soutien et leur parrainage car la COP est une émanation des Nations unies.

LDB : Quel sera, selon vous, le mode de fonctionnement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ?

JYO : Sa méthode de fonctionnement sera probablement similaire à celle de l’organisation du Bassin du fleuve Sénégal, avec une répartition des fonctions sur tous les pays et l’appui de partenaires ayant une grande expérience en matière de gestion des eaux territoriales. Le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo concerne d'une façon équitable les douze pays du Bassin du Congo. Il leur appartient. Cependant comme c'est le cas pour l'initiative du Golfe de Guinée les entités donatrices doivent être associées à sa gestion et à son contrôle. Bien sûr, et c'est normal, Brazzaville a été retenu comme siège du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo mais cela ne veut pas dire que sa mise en place et sa gestion seront confiés au seul Congo. Ce n'est pas parce que le siège des Nations unies se situe à New York que les USA contrôlent les Nations unies.

LDB : Votre initiative met au centre l’humain. Quel est donc l’intérêt que présente le Fonds pour les populations riveraines ?

JYO : On ne peut pas vendre le profit avant d’en créer les moyens. Cependant, nous avons des objectifs clairs liés à des projets sur le développement des rives du Bassin du Congo. Il s’agit tout à la fois de la préservation et de la protection de la nature, mais aussi des changements climatiques pour créer des projets qui englobent la population.

LDB : L’Afrique centrale a souvent lancé des initiatives mais qui ne produisent pas les effets escomptés. Ne craignez-vous pas que le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ressemble à tant d’autres projets ratés sans résultats probants ?

JYO : C’est ce que nous ne voulons pas car nous avons l’accord de la COP 22 et sa concrétisation est acceptée par les pays membres. L’engagement de tous est de créer quelque chose qui fonctionne bien. D’ailleurs, ce qui est certain, il y aura au Maroc prochainement une session intermédiaire des douze pays pour présenter deux, voire quatre, projets qui seront matériellement présentés à la COP 23 à Berlin. C’est dire que nous sommes dans un espace de temps très court qui doit nous éviter de polémiquer vainement.

LDB : Quelles sont les missions de La Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l'environnement ?

JYO : la fondation a pour mission d'aider à la création d’un Fonds dans lequel tous les pays soient traités de façon égalitaire, faire le plaidoyer auprès des institutions internationales et des partenaires, et éventuellement aider à la concrétisation des participations monétaires et financières. Ceci dit, la Fondation Brazzaville n’a nullement vocation à diriger cette initiative.

LDB : Quel est le rôle du président Denis Sassou N’Guesso dans cette initiative ?

JYO : Son rôle est très déterminant car lui seul peut arbitrer le moment venu, donner son avis, contrôler et vérifier que les contributions sont versées afin d’être capables d’avoir un Fonds Bleu pour le Bassin du Congo capable de présenter en novembre prochain des projets concrets.

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