Nos revues de presse

La tribune de Sir David Richmond dans la Tribune Afrique - Coopération Sud-Sud : Mettons la société civile à la table des négociations !

 

Coopération Sud-Sud : Mettons la société civile à la table des négociations !

 

 tribune de Sir David Richmond, Directeur général de la Fondation brazzaville publiee dans LA TRIBUNE AFRIQUE 


 

 MERCREDI 8 NOVEMBRE 2017

 

En annonçant cet été le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Donald Trump avançait notamment comme argument le fait que les pays en développement ne contribueraient pas, d'un point de vue financier, à leur juste part dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

La question de la répartition du fardeau entre les pays du Nord et du Sud a toujours été le point de crispation dans les négociations internationales. Pourtant, de nombreux pays du Sud n'ont tout simplement pas le temps pour ce genre de querelles d'égos et s'engagent de leur côté. Au lieu d'attendre que les pays développés finissent de se disputer au sujet de ce qui est équitable ou non, les leaders de ces pays émergents et la société civile joignent en effet leurs forces pour protéger l'environnement et améliorer les conditions de vie de leurs citoyens.

De plus en plus, les nations africaines, asiatiques et latinoaméricaines travaillent ensemble, en partenariat avec des organisations non-gouvernementales, afin d'inventer de nouvelles façons de promouvoir le développement durable et de protéger leurs écosystèmes.

Le Fonds Bleu pour le bassin du Congo fait partie de ces initiatives. Lancé l'année dernière, lors du Sommet Africain de l'Action sous l'égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en marge de la COP 22 à Marrakech, par huit pays d'Afrique centrale, ainsi que la Fondation Brazzaville, ce fonds vise à redéfinir les bases de l'économie de la région du bassin du Congo, en passant de l'exploitation des forêts à un développement durable et innovant autour des eaux du fleuve Congo et de ses affluents. Préserver la forêt du bassin du Congo, le deuxième poumon de la planète après l'Amazonie, est une nécessité dans la lutte contre le réchauffement climatique.

À la tribune de l'Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre, le Président de la République du Congo, Denis Sassou N'Guesso, en renouvelant son engagement envers le Fonds Bleu et en enjoignant les autres nations à participer à cette initiative, a montré que l'Afrique est prête à devenir le chef de file du développement durable. Et l'impulsion de nouveaux modèles de coopération prend de la vitesse.

En effet, il est opportun de rappeler dans ce cadre, que les 11 et 13 septembre, des milliers d'acteurs non-étatiques - représentants d'ONG, autorités locales et régionales, entreprises etc- se sont réunies pour le Sommet Climate Chance à Agadir au Maroc. Tous ont pu échanger sur les volets de la lutte contre le réchauffement climatique, depuis le financement d'actions concrètes jusqu'à l'harmonisation des différents agendas. Ces acteurs ont également appelé à l'accélération de la transition vers une économie plus durable, et ont insisté sur la nécessité d'avoir des moyens conséquents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La déclaration d'Agadir, nouvel élan pour la société civile

 

Ils ont également reconnu que la lutte contre le réchauffement climatique est intrinsèquement liée aux principaux défis mondiaux, comme la fin de la grande pauvreté, l'accès aux énergies renouvelables et à de meilleurs soins, et enfin la protection de la biodiversité. Ainsi, la Déclaration d'Agadir témoigne de la détermination des acteurs non-étatiques et de la société civile à coopérer avec les gouvernements pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique et promouvoir un développement durable dans les pays du Sud en général, et en Afrique particulièrement.

Parmi les exemples d'initiatives de ce type, des ONG et différents mouvements sociaux au Brésil, au Mozambique et en Afrique du Sud se sont unis entre 2011 et 2014 autour d'un projet de banque communautaires de semences agricoles. Ce programme permettait à des fermiers, des chefs ruraux et des ONG originaires de ces trois pays de partager des techniques agricoles adaptées à leurs communautés. Le soutien de chaque Etat était crucial pour permettre la mise en place du programme et le bon déroulé des négociations, bien que le manque de confiance des pays envers les ONG a entravé par la suite certains projets individuels.

Le lancement dudit Fonds Bleu pour le bassin du Congo est un autre exemple de l'efficacité du travail et des réflexions menées par la société civile. En tant que fédérateur et mobilisateur du projet, la Fondation Brazzaville a ainsi permis aux pays d'Afrique centrale de mettre en place une feuille de route impliquant une coopération « Sud-sud » pour préserver la richesse du bassin du Congo, que ce soit en termes humains mais aussi financiers, venant ainsi contredire les déclarations de M. Trump..

Néanmoins, répliquer les bénéfices de ce type de modèle dans d'autres pays du Sud dépendra de la capacité des Etats et des acteurs non-étatiques à se faire confiance, ainsi qu'à une véritable reconnaissance du fort potentiel d'action de ces acteurs et de leurs expertises parfois plus précises des thématiques, de par leur présence sur le terrain.

La société civile est dynamique et agile dans des domaines dans lesquels la bureaucratie alanguit la réactivité des Etats. Pour agir de façon intelligente et efficiente, les gouvernements doivent se saisir des compétences, des ressources et de toute la bonne volonté que la société civile peut offrir. Le moment est venu de redéfinir notre modèle pour que les lignes entre les pays, entre le secteur public et privé, entre les Etats et les acteurs non-gouvernementaux ne soient plus des obstacles à la coopération mais autant d'opportunités de connaissances et d'efforts qu'il faut partager !

 

SIR DAVID RICHMOND

 TRIBUNE PUBLIEE DANS LA TRIBUNE AFRIQUE

La tribune de Jean Yves Ollivier dans le Monde Afrique: l'Union Africaine peut faire renaitre la Libye

 

Seule l'Union africaine est capable de faire renaitre la Libye de ses cendres

 

 tribune de jean-yves ollivier, president de la Fondation brazzaville publiee dans LE MONDE AFRIQUE 

 MERCREDI 20 SEPTEMBRE 2017

 

  Président de la Fondation Brazzaville, Jean-Yves Ollivier plaide pour un plan de paix de l'organisation panafricaine prônant la mise en place de nouveaux organes de transition. 

Sous le pays plongé dans le chaos, l’ex-Jamahiriya de Kadhafi, ces anciennes provinces ottomanes – la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan – que seule la tutelle étrangère unifiait, perce enfin une Libye nouvelle. Elle sera unie, démocratique et prospère à condition d’être la Libye des Libyens. Elle verra le jour dans les semaines à venir si la feuille de route proposée par l’Union africaine (UA) parvient à relayer des initiatives jusqu’ici éparpillées et parfois rivales et, surtout, si elle répond à la profonde aspiration à la paix d’une population qui a trop souffert. Les Libyens n’en peuvent plus du règne de l’arbitraire et des pénuries.

J’entends bien le chœur des incrédules, le faux rire des désabusés. N’y a-t-il pas trop en jeu pour qu’on laisse « 6 millions de Bédouins sans expérience de gouvernance » décider de leur sort ? D’autant que leur sort est lié à notre lutte contre le terrorisme islamiste, à la menace qu’un grand nombre de migrants en attente en Libye fait peser sur la rive nord de la Méditerranée, sans parler des richesses convoitées que sont le pétrole et le gaz libyens. Justement !

Je renverse le raisonnement : pour ne pas dégénérer en problèmes insolubles, ces enjeux de première importance requièrent, en face, un partenaire fiable. Par exemple, l’accord que l’UE a signé avec Tripoli, le 3 février, pour co-gérer les flux migratoires reste lettre morte, faute d’emprise sur le terrain du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Bien pire, il place l’Europe devant le dilemme d’être soit submergée soit moralement responsable des noyés du désespoir et des migrants « bouclés » en Libye, souvent dans des conditions inacceptables.

Un banc d’essai régional

Aussi, dans la liste des enjeux internationaux, manque l’avenir du monde arabe. Il faut avoir la mémoire bien courte pour oublier que la Libye s’inscrit dans ce contexte. La chute du colonel Kadhafi a fait partie du « printemps arabe » et la lutte entre les forces de démocratisation et les partisans d’une restauration autoritaire se poursuit plus âprement que jamais, même si ce n’est plus dans la « rue arabe ».

La Libye, malgré ses particularités, a toujours été un banc d’essai régional. Le Kadhafi de la fin éclipse le fringant officier de 27 ans qui prit le pouvoir en 1969 à la tête d’un Conseil révolutionnaire calqué sur le modèle nassérien. Puis, quand le rêve panarabe était épuisé, la Libye s’est transformée en laboratoire panafricain. L’acte de naissance de l’UA a été signé en 1999 à Syrte.

L’Afrique, notamment sahélienne, a autant souffert des convulsions libyennes que les Libyens eux-mêmes. Il suffit de penser au Mali, la principale victime collatérale mais loin d’être la seule.

Mais l’on aurait tort d’en tirer argument pour sanctifiera posteriori, « l’Etat des masses ». Il était à bout de souffle en 2011. Le présent n’avait plus d’avenir en Libye. Pour autant, nul besoin de diaboliser en bloc les quarante-deux années du pouvoir de Mouammar Kadhafi. S’il n’y avait qu’un acquis à en retenir, ce serait le sentiment d’unité nationale que, malgré tout, ce long règne a permis de faire éclore. Là encore, pas de fausse naïveté : le pétrole, qui coule à flot depuis les années 1970, a subventionné le sentiment d’appartenance des rentiers de l’or noir.

Consensus en huit points

Alors, quel est le plan que je soutiens de toutes mes forces ? Il part d’un consensus en huit points, qui engage la vaste majorité des Libyens : une Libye unitaire, un seul gouvernement, une armée nationale soumise à l’autorité civile, le désarmement des milices, une justice indépendante, une amnistie générale, le retour des exilés, des élections libres dans les meilleurs délais.

Si besoin, une force de paix de l’UA pourra sécuriser, dans un premier temps, ces piliers d’une stabilité retrouvée. Dans l’immédiat, un « comité des sages » – une quarantaine de personnalités respectées, de tous horizons – devra accréditer les 400 à 500 délégués d’une conférence nationale qui pourra se réunir à Dakar, au Sénégal, pour mettre en place les organes de transition, notamment un gouvernement d’union nationale. Ces instances prendront la relève de celles issues de l’accord de Skhirat conclu, en décembre 2015, sous l’égide de l’ONU. Il expire à la fin de l’année.

Depuis de longs mois, j’œuvre en coulisses pour cette feuille de route. Elle traduit dans les faits le plan de paix de l’UA, placé sous l’autorité de son président en exercice, le Guinéen Alpha Condé, et piloté par un comité de dix chefs d’Etat que préside le Congolais Denis Sassou-Nguesso.

J’ai rencontré de nombreux acteurs libyens, sans exclusive, « l’islamiste nationaliste » Abdelhakim Belhadj aussi bien que « le kadhafiste » Bachir Saleh. Mieux, ceux-ci se sont rencontrés pour confirmerleur adhésion à ce plan de paix. Samedi 9 septembre, le président Sassou-Nguesso a réuni, à Brazzaville, le chef du Conseil présidentiel, Fayez Al-Sarraj, le commandant de l’armée nationale et d’autres acteurs de la crise libyenne. Tout est fin prêt pour que l’UA officialise sa démarche, idéalement en marge de l’Assemblée générale des Nations unies qui se tient cette semaine à New York. Un mouvement d’opinion, confiant en l’avenir de la Libye, lui faciliterait grandement la tâche.

JEAN-YVES OLLIVIER

 TRIBUNE PUBLIEE DANS LE MONDE AFRIQUE 

Changement climatique : la Fondation Brazzaville participe au sommet mondial « Climate Chance 2017

 

Changement climatique : La Fondation Brazzaville participe au sommet mondial " Climate Chance 2017" 


 ARTICLE de la redaction DE L'ADIAC-CONGO

 

MERCREDI 13 SEPTEMBRE 2017

 

 La ville d'Agadir, au Maroc, abrite du 11 au 13 Septembre un sommet international sur le climat, dénommé " Climate Chance 2017 ", auquel la Fondation Brazzaville qui oeuvre dans ce domaine y prend activement part dans le but d'apporter son soutien dans la lutte contre le changement climatique.

 

Sa participation au sommet du Maroc s’inscrit dans la poursuite de l’esprit de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015. Au cours de ces assises, la Fondation Brazzaville a joué pleinement sa partition aux côtés d’autres fondations et Organisations non gouvernementales qui luttent contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement.

À l’occasion, elle a animé un panel consacré essentiellement à la mise en œuvre des stratégies de renforcement des capacités de la coopération sud-sud.

 

 

Climate Chance 

Side event : Focus 4C Maroc : « Renforcer les capacités pour accélérer l’implémentation des CDN»

Panel de discussion - Catalyser la coopération Sud-Sud pour accélérer la mise en œuvre des CDN

 

« La Fondation Brazzaville poursuit le dialogue avec l’ensemble des acteurs engagés dans la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. Nous sommes fiers de participer au sommet mondial « Climate Chance 2017 », à l’initiative du royaume du Maroc. « Nous espérons que la concrétisation de l’initiative Fonds Bleu pour le Bassin du Congo inspire de nombreux projets », a déclaré Sir David Richmond, directeur de cette Fondation, dans un communiqué de presse publié le 11 septembre.

Génitrice de l’idée de création du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, la Fondation Brazzaville se dit honorée de ce que le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, ait accepté de présenter ce projet lors de la COP22, organisée à Marrakech au Maroc.

À la faveur de ce sommet qui avait réuni neuf pays de la sous-région, ainsi que le Maroc, un mémorandum d’entente marquant officiellement la naissance du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo sera signé. L’objectif est, précise le communiqué, de protéger les forêts en vue de lutter contre les effets néfastes du réchauffement climatique, mais aussi d’améliorer le cadre de vie des populations habitant le long de cette zone géographique.

Rappelons que la Fondation Brazzaville est une organisation à but non lucratif dédiée à la résolution des conflits, à la préservation de la nature. Elle agit aussi comme facilitateur indépendant et neutre entre les parties belligérantes en Afrique et de par le monde.

 

VOIR L'ARTICLE DANS L'ADIAC-CONGO

Analyse - Pour l'ancien président nigérian Obasanjo, Kabila "a peur de l'inconnu"

 

 

Pour l'ancien président nigérian Obasanjo, Kabila "a peur de l'inconnu"


INTERVIEW DU PRESIDENT OLUSEGUN OBASANJO recueilli par CAROLINE MAGEZ PUBLIEE  dans PARIS MATCH

VENDREDI 17 MARS 2017

 

 

 

Pour l ancien president nigerian Obasanjo Kabila a peur de l inconnu

 

L'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo assistait à Oyo, au nord du Congo Brazzaville, du 6 au 9 mars dernier, au lancement du Fond Bleu pour le Bassin du Congo. Il nous a accordé un entretien exclusif.

C’est en tant que membre du Conseil consultatif de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l’environnement que l’ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo assistait à Oyo, au nord du Congo Brazzaville, du 6 au 9 mars dernier, au lancement du Fond Bleu pour le Bassin du Congo. Initié par cette fondation, entériné au Maroc lors de la COP22 et mené sous l’égide du président congolais, Denis Sassou-Nguesso,  ce projet associant douze pays africains vise à préserver les eaux et forêts de cet espace de 4 millions de km, considéré comme le deuxième poumon écologique de la planète après l'Amazonie. Mais aussi à améliorer les conditions de vie de millions de personnes.

 

Paris Match : Le Nigeria n’est pas parmi les douze signataire du Fond Bleu, qu’êtes-vous venu faire ici ?
Olusegun Obasanjo. Je suis ici d’abord parce que le président Sassou-Nguesso est un ami et que nous ne ratons pas une occasion d’échanger sur nos pays, notre continent. J’étais du reste dans ce même bungalow il y a peu, non loin de cette maison qu’il s’est construit dans son village natal, pour évoquer plusieurs problèmes auxquels cette région est confrontée. Nous allons  reprendre en marge du lancement du Fond Bleu cette discussion, pour s’assurer qu’aucun coin de cette région ne basculera dans une nouvelle guerre civile. Pour être tout à fait précis, la situation en République Démocratique du Congo nous préoccupe tous deux beaucoup. Je suis ici aussi, car se tient le conseil d’administration de la Fondation Brazzaville qui est à l’origine de l’idée de ce Fond Bleu. C’est un projet formidable, notamment parce que c’est la première fois que les douze pays qui se partagent cet incroyable territoire autour du bassin du Congo se rassemblent et s’engagent sur un chemin commun.

Pensez-vous que des fondations civiles ont aujourd’hui plus de chance que les Etats occidentaux de convaincre les Etats africains de bouger ou de passer à la négociation ?
Je ne pense pas qu’il faille remettre en cause le rôle des Etats. Quoi qu’on en pense, et quel que soit leurs bilans, les gouvernements comptent. Une fondation comme la notre présente des désavantages et des avantages. Comme par exemple de pouvoir solliciter qui nous souhaitons sans s’embarrasser des questions diplomatiques, du politiquement correct ou du qu’en dira-t-on. Aucun pays ne nous est interdit, et tous les réseaux nous sont ouverts, ceux de la politique, des affaires, des humanitaires… Par ailleurs, nous ne risquons pas d’être perçu comme une menace, nous accuser de tentative d’ingérence, où s’imaginer que nous formons le dessein de les dominer. Je crois qu’en terme de développement un nouveau chapitre s’est ouvert. On a essayé les négociations de gouvernement à gouvernement, l’implantation d’agences spécialisées dans les pays récipiendaires. Et on a vu ceux-là être accusés de détournements, de manques de suivi, d’efficacité, et même d’intégrité. Alors pourquoi pas explorer ce champ de la société civile, des O.N.G. Pour que les intéressés s’impliquent, on ne peut ni les forcer, ni les écarter, il faut donc trouver une nouvelle approche, plus pragmatique et c’est ce que nous proposons. Il faut aussi avoir la capacité de trouver les fonds, de nouveaux donateurs, et peut être une autre manière de donner. Nous menons cette réflexion comme le font les « Think tank » mais le but est d’agir, de lancer des initiatives concrètes pouvant amener à la même table des personnes qui ne le font pas naturellement volontiers. Si nous parvenons à faire de ce projet autour du Bassin du Congo un exemple, il pourra être dupliqué ailleurs puisque nous avons trois autres bassins importants en Afrique, celui autour du Zambèze-Limpopo, celui du Niger, et celui du Nil …

Et quels seraient les désavantages de la Fondation ?
Justement de n’être pas des gouvernants, de ne pas avoir le pouvoir des Etats, de ne pas pouvoir ordonner que les choses se fassent. C’est d’eux qu’il faudra obtenir un certain nombre de législations pour mettre en œuvre les projets, pérenniser les choses. Nous pourrons aider à la rédaction des textes, mais nul d’entre nous ne pourra les faire voter.

Comment réussir le pari du Fond Bleu alors même que la sécurité n’est pas assurée aux frontières des douze pays signataires ?
L’idée est aussi de résoudre cette instabilité en créant des intérêts communs, en permettant un développement qui bénéficiera ostentatoirement et rapidement à la population.

Les gens s’entendent quand ils ont des intérêts communs

Cette idée est-elle née de la difficulté à convaincre Joseph Kabila, au pouvoir en RDC depuis 2001 et dont le second mandat s’achevait en décembre 2016, de céder son fauteuil de président ?
Pas vraiment. Je crois que j’ai retenu la leçon, et que je peux me passer du rôle de négociateur…La mission que nous nous assignons se limite à obtenir des gouvernants qu’ils soutiennent nos projets, et se faisant de maintenir le dialogue. De leur faire comprendre aussi que ne pas faire ce qui doit être fait leur coûtera au final plus cher que d’avoir fait ce qui devait l’être. Ceci est crucial.

Où en êtes vous sur le dossier Kabila, allez-vous l’évoquer ces jours-ci à nouveau avec le président Sassou ?
Comme vous le savez, tous deux sont amis. Et tous deux ont intérêt à entretenir cette amitié. Nous devons nous assurer que le dialogue entre eux est continu. Il me semble que le président Kabila tente de voir ce qu’il peut apprendre de son aîné, le président Sassou. Et que le président Sassou est prêt à enseigner au président Kabila à discerner ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Ce dernier doit comprendre qu’il y a une vie après avoir gouverné, certains d’entre nous l’ont pratiqué et constaté. Moi même je peux lui assurer que c’est formidable. Si cet enseignement se répandait du reste parmi nos leaders africains, cela serait un vrai progrès.

Pourquoi cette difficulté en Afrique à céder le pouvoir selon vous ?
Je crois que ce qui les retient, c’est la peur. La peur de l’inconnu.

c’est à l’électorat français de trancher

La peur de la revanche ?
Peut-être aussi parfois. Ils se demandent : que va-t-il m’arriver quand je ne serais plus en place, que va-t-il advenir de ma famille, de ma tribu, de ceux qui m’ont soutenu et porté sur ce chemin. Il faut leur demander de faire l’effort d’aller au delà de ces visions étroites pour apporter le meilleur à leur pays. Il n’y a pas un pays d’Afrique qui soit homogène, en terme d’ethnie, de langue, de religion. Cette diversité impose une alternance sereine. Et cela est du ressort et de la responsabilité de ceux qui gouvernent. Un président qui a su en tenir compte et la respecter n’aura pas à la craindre à la fin de son mandat.

Ne faudrait-il pas mettre en place un statut officiel d’ancien chef d’Etat ?
Cela est déjà en place dans certains pays, je dirais même la plupart, mais ce n’est pas inscrit partout dans la loi et cela devrait l’être. Faisons en sortes qu’ils l’obtiennent si cela peut les inciter à céder leurs fauteuils. Chaque président qui se retire devrait avoir une rente de départ raisonnable pour assurer son avenir, l’assurance que ses soins médicaux continueront d’être pris en charge, une maison, un bureau, une équipe de sécurité restreinte…

Suivez-vous la campagne présidentielle française ?
Oui, dans une certaine mesure. Mais c’est à l’électorat français de trancher. Les Américains viennent de faire leur choix, et pour les années qui viennent, nous tous, à travers le monde, devons l’accepter. L’important en démocratie, c’est que le rituel électoral soit respecté, qu’il soit ouvert, transparent, et équitable. Si c’est le cas, nul ne peut contester le résultat.

Les Français ont justement souvent dispensé des leçons de démocratie en Afrique, quand vous voyez les scandales qui éclatent autour de leurs candidats, quels commentaires cela vous inspire ?
Qui suis-je pour commenter, ou me substituer au choix des Français. Vous avez des cartes en main, et plus qu’il n’en faut : à vous de décider. Chacun de nous ici en Afrique savons que vos choix nous affecterons, c’est pourquoi nous regardons avec attention ce qui se passe, mais nous gardons d’intervenir. Nous ne pouvons que vous conseiller une chose : faites le bon choix, celui qui sera le mieux dans l’intérêt de la France, de l’Europe et au final du monde.

Et si justement de par ce choix la France sortait de l’Europe, comme vient de le faire le Royaume-Uni ?
Si la France quittait l’Europe, où irait-elle ? En Afrique ? (Il éclate de rire…). Je crois que l’émergence de ce que j’appelle les néo-populismes ne durera pas. Je crois que le libéralisme est à la fin ce qui restera. C’est une illusion de penser qu’on peut lutter contre la mondialisation.

Où en est le Nigeria dans la lutte contre Boko Haram ?
Je pense qu’on pourrait faire mieux.

Voir l'article dans PARIS MATCH

Interview - Jean-Yves Ollivier : "La Fondation Brazzaville n'a nullement vocation à diriger le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo"

 

 

Jean-Yves Ollivier : "La Fondation Brazzaville n'a nullement vocation à diriger le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo"


INTERVIEW De Jean-Yves Ollivier par guy-gervais Kitina publiee dans Les depeches de brazzaville pour ADIAC-CONGO 

Mardi 14 MARS 2017

 

Le Président de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l'environnement, organisation à but non lucratif initiatrice du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, Jean-Yves Ollivier s’est confié aux Dépêches de Brazzaville à la suite de l’accord de création du Fonds Bleu  pour le Bassin du Congo conclu le 9 mars à Oyo. Il évoque l’intérêt de cette initiative pour les pays membres du Bassin du Congo, le rôle du président congolais, Denis Sassou N’Guesso, et l’accompagnement de son organisme pour la réussite de ce projet.

Les Dépêches de Brazzaville : pouvez-vous rappeler la genèse du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ?

Jean Yves Ollivier : La Fondation Brazzaville, en lançant cette initiative, avait comme préoccupation la préservation de la nature, de l’environnement mais également de la paix par un regroupement des pays membres de cet espace régional (Bassin du Congo), en s’appuyant bien entendu sur les intérêts des populations.

Nous avons donc pensé porter ce projet à la COP 22 où la réglementation nous interdisait, en tant qu’Ong, de le présenter où de le faire passer sans parrainage. Pour cette raison, nous avons sollicité les présidents congolais et gabonais, en l’occurrence Denis Sassou N’Guesso et Ali Bongo Ondimba qui ont accepté de le soutenir. C’est ainsi que lors de la réunion entre les présidents de l’Afrique centrale et le roi Mohammed VI, le chef de l’Etat congolais a été désigné pour en suivre le déroulement et contrôler la marche. C’est dire que son rôle est celui de l’initiateur et du contrôleur.

LDB : Le Fonds étant acté que reste-t-il à faire et comment procéder pour une véritable mise en œuvre de cette initiative ?

JYO : Avant de parler de lever les fonds il faut avant tout se convaincre si les partenaires et autres donateurs potentiels sont confortés par l’organisation et le mode de fonctionnement de ce fonds. Si l’on ne crée pas un fonds qui correspond aux désideratas des donateurs il n’est pas certain qu’il bénéficiera d’un soutien quelconque. Dans cette perspective nous avons rencontré et échangé avec la Banque mondiale et les Nations unies avant son annonce afin de prendre leurs avis sur ce qu’est ce Fonds et comment il devra fonctionner pour susciter leur soutien et leur parrainage car la COP est une émanation des Nations unies.

LDB : Quel sera, selon vous, le mode de fonctionnement du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ?

JYO : Sa méthode de fonctionnement sera probablement similaire à celle de l’organisation du Bassin du fleuve Sénégal, avec une répartition des fonctions sur tous les pays et l’appui de partenaires ayant une grande expérience en matière de gestion des eaux territoriales. Le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo concerne d'une façon équitable les douze pays du Bassin du Congo. Il leur appartient. Cependant comme c'est le cas pour l'initiative du Golfe de Guinée les entités donatrices doivent être associées à sa gestion et à son contrôle. Bien sûr, et c'est normal, Brazzaville a été retenu comme siège du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo mais cela ne veut pas dire que sa mise en place et sa gestion seront confiés au seul Congo. Ce n'est pas parce que le siège des Nations unies se situe à New York que les USA contrôlent les Nations unies.

LDB : Votre initiative met au centre l’humain. Quel est donc l’intérêt que présente le Fonds pour les populations riveraines ?

JYO : On ne peut pas vendre le profit avant d’en créer les moyens. Cependant, nous avons des objectifs clairs liés à des projets sur le développement des rives du Bassin du Congo. Il s’agit tout à la fois de la préservation et de la protection de la nature, mais aussi des changements climatiques pour créer des projets qui englobent la population.

LDB : L’Afrique centrale a souvent lancé des initiatives mais qui ne produisent pas les effets escomptés. Ne craignez-vous pas que le Fonds Bleu pour le Bassin du Congo ressemble à tant d’autres projets ratés sans résultats probants ?

JYO : C’est ce que nous ne voulons pas car nous avons l’accord de la COP 22 et sa concrétisation est acceptée par les pays membres. L’engagement de tous est de créer quelque chose qui fonctionne bien. D’ailleurs, ce qui est certain, il y aura au Maroc prochainement une session intermédiaire des douze pays pour présenter deux, voire quatre, projets qui seront matériellement présentés à la COP 23 à Berlin. C’est dire que nous sommes dans un espace de temps très court qui doit nous éviter de polémiquer vainement.

LDB : Quelles sont les missions de La Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l'environnement ?

JYO : la fondation a pour mission d'aider à la création d’un Fonds dans lequel tous les pays soient traités de façon égalitaire, faire le plaidoyer auprès des institutions internationales et des partenaires, et éventuellement aider à la concrétisation des participations monétaires et financières. Ceci dit, la Fondation Brazzaville n’a nullement vocation à diriger cette initiative.

LDB : Quel est le rôle du président Denis Sassou N’Guesso dans cette initiative ?

JYO : Son rôle est très déterminant car lui seul peut arbitrer le moment venu, donner son avis, contrôler et vérifier que les contributions sont versées afin d’être capables d’avoir un Fonds Bleu pour le Bassin du Congo capable de présenter en novembre prochain des projets concrets.

Voir l'article dans ADIAC-CONGO

Analyse - Le Congo au coeur de la "guerre modiale africaine" oubliée

 

 

Le Congo au coeur de la "guerre modiale africaine" oubliée 


Article d'Yves Bourdillon dans LES ECHOS 

Jeudi 16 MARS 2017

 

Les pays du bassin du Congo doivent apprendre à panser les plaies d'un confit ayant fait plus de 3 millions de morts.

Le bassin du Congo est le centre d'un conflit méconnu et pourtant l'un des plus meurtriers de la planète depuis des décennies. Près de huit pays (Zimbabwe, République démocratique du Congo, Angola, Namibie, Tchad, Rwanda, Ouganda et Burundi) s'y sont affrontés entre 1998 et 2003. Ce qui en a fait la plus grande guerre entre Etats dans l'histoire de l'Afrique et lui a valu le surnom de  « guerre mondiale africaine ». On aurait dénombré plus de 3 millions de victimes, essentiellement des civils massacrés ou morts de faim et de maladies. 

Ce conflit a été déclenché notamment par les séquelles du génocide rwandais de 1995 et la lutte pour le contrôle des richesses minières de la région du Kivu en RDC. Cette dernière abrite des gisements de cobalt et surtout de coltan (80 % des réserves mondiales), un minerai dont est extrait le tantale, composant clef des téléphones portables, ordinateurs portables, consoles et caméras. Le coltan se vend actuellement à 35 dollars le kilo, mais le tantale à 400 dollars... 

La méfiance persiste

Le conflit a opposé une trentaine de groupes rebelles alliés ou rivaux suivant les appartenances ethniques, les circonstances et les intérêts, soutenus par l'une ou l'autre des deux coalitions étatiques s'affrontant ; l'Angola, la Namibie et le Zimbabwe se sont engagés militairement, quoique de manière épisodique, derrière l'armée congolaise appuyée par des milices rwandaises. En face, le Rwanda, qui avait porté au pouvoir le président congolais Laurent Kabila avant que ce dernier ne se retourne contre lui en raison de ses prétentions, était appuyé par l'Ouganda et le Burundi. Si la guerre est finie depuis un accord, sous parrainage de l'ONU, fin 2002 qui a abouti à un gouvernement de transition en RDC, les ex-belligérants doivent apprendre à tourner la page. Ce qui n'est pas aisé, comme l'a illustré une flambée de violences en 2007. La méfiance persiste toutefois entre le Rwanda, aux ambitions politiques et militaires inversement proportionnelles à sa taille (12 millions d'habitants), et le Congo, géant de la région (87 millions d'habitants) aux pieds d'argile. 

C'est pourquoi le Fonds bleu, premier accord de coopération entre les douze pays de la région, pour la plupart parties prenantes du conflit,  « constitue une étape encourageante  », souligne sir David Richmond, ancien diplomate britannique et directeur de la Fondation Brazzaville. Cette dernière promeut des projets de développement qui s'apparentent parfois à de la diplomatie informelle pour faire baisser les tensions locales. Si la valorisation en commun (hydroélectricité, irrigation, drainage) du fleuve peut effectivement constituer un antidote aux tensions, les pays du bassin font toutefois assez peu de commerce entre eux, étant peu complémentaires. 

Y. B., Les Echos

 

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Analyse - Douze pays d'Afrique pour valoriser le bassin du Congo

 

 

Douze pays d'Afrique pour valoriser le bassin du Congo 

 


Article d'Yves Bourdillon dans LES ECHOS 

Jeudi 16 MARS 2017

 

Le Fonds bleu a été mis en place jeudi dernier à Oyo, afin de sauvegarder et de valoriser le deuxième « poumon vert » de la planète. Des projets modestes et diversifiés, en attendant qu’il y ait plus d’argent.

C'est le « deuxième poumon forestier » de la planète, après l'Amazonie. Le bassin du fleuve Congo va, pour la première fois, faire l'objet d'une mise en valeur en commun par douze pays d'Afrique centrale et occidentale. Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, la structure chargée de valoriser les ressources en matière d'irrigation, d'hydroélectricité, d'environnement, d'exploitation forestière ou de pisciculture du deuxième fleuve le plus puissant au monde, a été mis en place jeudi dernier à Oyo (au Congo), sous la présidence du chef de l'Etat congolais, Denis Sassou-Nguesso. 

Douze pays d'Afrique pour valoriser le bassin du Congo

Créer une dynamique

Ce dernier, qui s'efforce ainsi de prendre le leadership du développement durable dans la région, était accompagné par le président du Togo et les représentants des dix autres pays riverains du fleuve ou de ses affluents (Angola, Burundi, Rwanda, République démocratique du Congo, Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, Tanzanie, République centrafricaine, Zambie), en sus du Tchad, qui est concerné via un projet de creusement de canal pour sauver le lac Tchad. Le Fonds bleu ne compte pas pour autant se lancer dans des projets pharaoniques tels que l'extension du barrage d'Inga, évoqué depuis des années (le potentiel hydroélectrique du fleuve dépasse les 100 gigawatts). «  Le Fonds va présenter trois ou quatre projets de dimension modeste, très concrets, d'ici à la COP23 de Berlin, en novembre », pour créer une dynamique et crédibiliser la démarche permettant de passer de  « l'exploitation forestière à un vrai développement coopératif », souligne Jean-Yves Ollivier, président de la Fondation Brazzaville, impliqué dans le lancement du projet validé lors de la COP22 de Marrakech, en novembre dernier. Ces projets peuvent être des unités de dessication de poisson, d'irrigation de cultures vivrières ou de café et de cacao (la moitié des 200 millions de personnes du bassin vivent de l'agriculture), de drainage du fleuve, voie navigable vitale pour les agriculteurs et commerçants, ou de petites turbines pouvant électrifier un bourg de 12.000 habitants pour 600.000 dollars.

Si le signal politique donné à Oyo est clair, avec notamment la présence de représentants de l'Union européenne, de la Banque mondiale et de l'ONU, manque en revanche le nerf de la guerre, l'argent. Aucune précision sur les dotations envisagées par les pays participants ou les donateurs internationaux n'a été fournie à Oyo. On évoque des apports à terme de 100 millions de dollars par an, ce qui permettrait de financer des projets de 2,5 milliards par effet de levier, souligne Sundeep Waslekar, directeur du think tank indien Strategic Foresight Group. Le Fonds bleu pourrait aussi « taper » dans le Fonds vert pour le climat de l'ONU, doté de 5 milliards de dollars, mais qui n'en a utilisé pour l'instant que 300 millions, faute de projets viables validés. Problème, le Fonds vert ne dispose pas d'un guichet consacré au financement d'autres fonds. 

Le Fonds bleu justifie ses tentatives auprès du Fonds vert en arguant que l'environnement constitue l'un de ses axes principaux. « Le bassin du Congo abrite le quart des forêts tropicales mondiales et des centaines d'espèces endémiques », a d'ailleurs souligné Rosalie Matondo, la ministre congolaise de l'Environnement. Il représente aussi le deuxième « piège à gaz carbonique » dans le monde, ce gaz étant considéré comme responsable du réchauffement climatique.

Y. B., Les Echos

 

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Analyse - Le bassin du Congo se mobilise pour préserver son poumon écologique

 

 

Le bassin du Congo se mobilise pour préserver son poumon écologique


Article de gaetan de capele  dansLE FIGARO - ECONOMIE

Lundi 13 MARS 2017

 

Défendue lors de la COP22 de Marrakech par le président congolais Denis Sassou-Nguesso, cette initiative est une première en Afrique.

Avec ses 2 millions de kilomètres carrés de forêts, qui représentent 10 % de la biodiversité mondiale, le bassin du Congo est, derrière l'Amazonie, le deuxième poumon écologique de la planète.

Credit photo : Guyot-Ana / Only France

 

Avec ses 2 millions de kilomètres carrés de forêts, qui représentent 10 % de la biodiversité mondiale, le bassin du Congo est, derrière l'Amazonie, le deuxième poumon écologique de la planète. C'est aussi un gigantesque réservoir hydrologique couvrant 25.000  kilomètres de voies navigables autour du fleuve Congo, long de 4700  kilomètres. Pour préserver cet écosystème, une douzaine de pays de la région, rejoints par le Maroc, viennent de se réunir à Oyo, en République du Congo, et ont lancé le Fonds bleu pour le bassin du Congo. Défendue lors de la COP22 de Marrakech par le président congolais Denis Sassou- Nguesso, avec l'appui de la Fondation Brazzaville pour la paix et la préservation de l'environnement, cette initiative est une première en Afrique.

Financé à hauteur de 100 millions d'euros par des subventions annuelles renouvelables, le Fonds bleu, accompagné par la Banque mondiale, a pour ambition de soutenir le développement économique dans cette région, à travers une exploitation raisonnée des forêts et une gestion durable des eaux. Le but est notamment de financer des projets pour entretenir les voies de navigation, aménager des ports secondaires, renforcer l'irrigation pour améliorer la productivité agricole ou encore développer la pêche durable et l'aquaculture. Autre objectif: traiter les eaux usées, accélérer l'approvision-nement en eau potable et mieux gérer le traitement des déchets solides déversés dans les cours d'eau et les océans. Vaste programme!

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Analyse - Le Fonds bleu destiné à préserver le Bassin du Congo est sur pied

 

 

Le Fonds bleu destiné à préserver le Bassin du Congo est sur pied 


Article de Simon Henry dans JEUNE AFRIQUE

VENDREDI 10 MARS 2017

 

Crédit photo : © SAURABH DAS/AP/SIPA

 

Comme décidé lors de la COP 22, douze pays africains réunis à Oyo au Congo ont lancé ce jeudi un Fonds bleu pour le Bassin du Congo. Objectif : subventionner des projets qui permettront de préserver ce territoire et ses 220 millions d’hectares de forêts. 

Après les mots, les actes. Mené sous l’égide du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguessou, lors de la COP 22, la création de ce fonds bleu avait été annoncée en novembre 2016. Un projet décidé sur la base d’un constat : la dégradation écologique de cette zone de 4 millions de km, à cheval sur plusieurs pays et peuplé par environ 93 millions d’habitants.

La région souffre notamment d’une déforestation croissante depuis plusieurs années. « L’initiative a deux grandes ambitions : la préservation des forêts et des eaux du Bassin du Congo, mais aussi aider les populations à accéder à une meilleure qualité de vie », indique un communiqué de la fondation Brazzaville impliquée dans la mise en place du fonds.

100 millions d’euros chaque année et des engagements à long terme

 

 

 

Pour ce faire, douze pays − Angola, Burundi, Cameroun, Congo-Brazza, Gabon, Guinée équatoriale, Maroc, Rwanda, RDC, Tchad, Tanzanie et la Zambie − ont décidé de s’associer financièrement à ce projet de grande envergure.

« Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo sera alimenté sur la base des subventions, renouvelables chaque année, [à hauteur de] 100 millions d’euros avec des engagements à long terme », est-il écrit dans une note de présentation de l’initiative.

Soutenir l’économie locale

Car derrière la cause écologique se cache aussi un intérêt économique pour la région. « L’objectif est de faire qu’autour de cette initiative se construisent des projets porteurs capables de soutenir les économies des États membres », explique le premier ministre congolais, Clément Mouamba dans une interview au journal local Les dépêches de Brazzaville.

 

Le Bassin du Congo est considérécomme le deuxième poumon écologique de la planète derrière l’Amazonie.

 

 

 

 

 

 

Ainsi, les projets éligibles aux financements du Fonds bleu sont ceux qui portent sur l’amélioration des voies navigables, la construction de petits barrages hydroélectriques, le renforcement des systèmes d’irrigation des sols, le développement de la pêche, de la pisciculture, de l’aquaculture et le développement de l’éco-tourisme.

Avec près de 220 millions d’hectares de forêt, le Bassin du Congo est considéré comme le deuxième poumon écologique de la planète derrière l’Amazonie.

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Analyse - Lancement d'un Fonds bleu pour le Bassin du Congo

 

 

Lancement d'un Fonds bleu pour le Bassin du Congo 


Reprise AFP PUbliee dans SLATE AFRIQUE

Jeudi 9 MARS 2017

 

 

 

 

Douze pays africains ont lancé jeudi au Congo, à Oyo (400 km au nord de Brazzaville), un "Fonds bleu pour le Bassin du Congo" visant à subventionner des projets au profit des riverains, selon un journaliste de l'AFP.

"L'initiative a deux grandes ambitions : la préservation des forêts et des eaux du Bassin du Congo, mais aussi aider les populations à accéder à une meilleure qualité de vie", a expliqué à l'AFP Benazir Hilali. Madame Hilali est la coordonnatrice des projets à la Fondation Brazzaville, partenaire avec le président congolais Sassou Nguesso dans la mise en oeuvre de cette initiative présentée à Marrakech au Maroc lors de la COP22 en novembre 2016.

Les projets éligibles aux financements du Fonds bleu sont ceux qui portent sur l'amélioration des voies navigables, la construction des petits barrages hydroélectriques, le renforcement des systèmes d'irrigation des sols, le développement de la pêche, de la pisciculture, de l'aquaculture et le développement de l'écotourisme, selon une note de présentation de l'initiative.

 

"Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo sera alimenté sur la base des subventions, renouvelables chaque année, de 100 millions d'euros avec des engagements à long terme", ajoute la note.

Pour la création de ce Fonds bleu, les ministres de l'Environnement et des Affaires étrangères de douze États ont signé un mémorandum d'entente au terme d'une cérémonie patronnée par M. Sassou Nguesso, assisté de son homologue togolais Faure Gnassingbé, dans le village natal du président congolais.

Les pays fondateurs du Fonds bleu sont l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Maroc, le Rwanda, la République démocratique du Congo, le Tchad, la Tanzanie et la Zambie.

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Analyse - L'eau en tant que facteur de paix par Sundeep Waslekar

 

 

L'eau en tant que facteur de paix


TRIBUnes de Sundeep Waslekar  dans  PROJECT SYNDICATE PROJECT SYNDICATE

Mercredi 11 janvier 2017

 

 

MUMBAI – Le changement de la garde au 38e étage de l’édifice des Nations Unies à New York, avec António Guterres assumant la relève de Ban Ki-moon au poste de secrétaire général de l’ONU, s’est déroulé au moment où les notions de paix et de conflit subissent une subtile évolution. En particulier, le rôle des ressources — et particulièrement de l’eau — reçoit enfin la reconnaissance qui lui est due.

Il a fallu beaucoup de temps avant d’y arriver. Tant Ban Ki-moon que son prédécesseur, Kofi Annan, ont plaidé pendant près de deux décennies que la protection et le partage des ressources naturelles, particulièrement l’eau, sont un élément essentiel pour la paix et la sécurité. Mais ce n’est qu’en novembre 2016 que la question fut largement reconnue, avec le Sénégal comme président du Conseil de sécurité de l’ONU — qui a organisé le premier débat officiel jamais tenu par l’ONU sur l’eau, la paix et la sécurité.

The Year Ahead 2017 Cover Image

Ouvert à tous les États membres de l’ONU, le forum de discussion a rassemblé des représentants de 69 États, qui ensemble ont lancé un appel pour que l’eau soit transformée d’une source de crise potentielle en un instrument de paix et de coopération. Quelques semaines plus tard, Guterres a désigné Amina Mohammed, une ancienne ministre de l’environnement du Nigeria, à titre de secrétaire général déléguée.

La conscience accrue de l’importance stratégique de l’eau reflète les développements mondiaux. Ces trois dernières années, Daech a conquis les barrages de Tabqa, Tichrine, Mossoul et Falloujah sur le Tigre et l’Euphrate. Daech a ensuite perdu la mainmise sur tous ces sites, mais pas avant de s’en servir pour inonder ou assoiffer les populations en aval, pour les forcer à se rendre.

Beaucoup d’analystes espèrent que Daech finira par être extirpé d’Iraq et de Syrie dans les mois prochains. Ce qui ne veut pas dire que l’organisation déposera les armes ; au contraire, ses troupes pourraient bien déménager dans les zones frontalières entre la Libye et le Tchad, mettant en péril les villes et les barrages hydrauliques d’Afrique de l’Ouest.

Daech n’est pas le seul à se servir de telles tactiques. Des groupes extrémistes en Asie du Sud ont également menacé d’attaquer des infrastructures hydriques. Évidemment, des agents gouvernementaux, eux aussi, peuvent utiliser les ressources hydriques pour obtenir un avantage stratégique.

On ne saurait trop insister sur l’importance de l’eau au XXIe siècle qui est comparable à celle du pétrole au XXe. Pourtant certains experts stratégiques continuent de la sous-estimer. En fait, le pétrole est remplaçable par le gaz naturel, l’énergie éolienne, solaire et nucléaire. Par contre, pour les secteurs industriels et agricoles et tout autant pour celui de l’eau potable et de l’assainissement, la seule chose qui peut remplacer l’eau, comme l’affirmait Danilo Türk l’ancien président de la Slovénie, c’est de l’eau.

La même chose vaut pour le commerce. Prenons le Rio Chagres. Même si ce fait est peu connu, il revêt une importance vitale, car ce fleuve alimente le canal de Panama où transite 50 % du commerce entre l’Asie et l’Amérique. Le débit naturel du fleuve ne devrait pas diminuer pour les cent prochaines années, mais, en cas de crise de sécurité en Amérique centrale, il pourrait être pris en otage par des groupes de bandits. Les répercussions sur l’économie internationale seraient énormes.

Le consensus sur la nécessité de protéger les ressources et installations hydriques dans des zones de conflit est bien défini. La façon d’y arriver est cependant moins évidente. Contrairement aux médicaments et aux colis de nourriture, l’eau ne peut être parachutée dans les zones de conflit. Et les forces de maintien de la paix de l’ONU sont lourdement taxées.

Il est vrai que le Comité international de la Croix-Rouge négocie des sauf-conduits pour les techniciens devant inspecter et réparer les dégâts aux conduites et réservoirs d’eau en Iraq, en Syrie et en Ukraine ; mais chaque passage doit être négocié avec les autorités militaires des États et avec les chefs rebelles participant au conflit — un long et laborieux processus. Une meilleure méthode serait que les grandes puissances, fortes de leur influence considérable, négocient à court terme les trêves dans des régions en proie à des conflits prolongés, en particulier pour réparer et remettre en fonction les réseaux d’aqueduc ou d’assainissement des eaux.

Toutefois, pour jeter les bases d’une telle démarche, le Conseil de sécurité de l’ONU devra déclarer que l’eau est une « ressource stratégique pour l’humanité » et adopter une résolution visant à protéger les ressources et installations hydriques, analogue à la résolution 2286, adoptée en mai dernier pour protéger les établissements sanitaires en cas de conflit armé.

À plus long terme, il faudra que les pays qui utilisent les mêmes zones riveraines mettent sur pied des accords régionaux de sécurité pour préserver et protéger leurs ressources. Grâce à une gestion collaborative étayant la protection collective, l’eau, souvent source de concurrence et de conflit, pourrait devenir un facteur de paix et de coopération.

Denis Sassou-Nguesso, le président de la République du Congo, est à la pointe de ce mouvement, il dirige un groupe de huit États visant la création du Fonds bleu pour le bassin du Congo. Si le Fonds atteint ses objectifs, il permettra d’atténuer les changements climatiques, de créer de nouveaux débouchés d’emploi liés aux activités fluviales et de promouvoir la sécurité collective dans une région marquée par l’instabilité. Il y a deux mois, à Marrakech, le Sommet africain de l’Action a décrit le Fond comme l’une des quatre grandes idées susceptibles de transformer le continent.

 

En mars 2016, dans le cadre de la Journée internationale de l’eau, le prince Hassan Ben Talal  de la Jordanie et moi-même avons lancé un appel pour la création d’un fonds Marshall pour les bassins fluviaux communs du monde entier. Le Fonds bleu pour le bassin du Congo est un pas dans cette direction. Nous avons maintenant besoin que des fonds semblables soient créés pour protéger tous les 263 bassins fluviaux et lacs communs à plusieurs États du monde. Le défi est de taille ; mais, étant donné le potentiel de l’eau pour semer les conflits et appuyer la paix, il faut l’aborder de front.

Analyse - Le Fonds bleu expliqué par Jean-Yves Ollivier

 

 

Le bassin du Congo sauvé par « l'économie bleue »  ?


TRIBUnes de Jean-Yves Ollivier dans La tribune afrique

Jeudi 15 décembre 2016

Lors de la COP22, la République du Congo, avec la Fondation Brazzaville, ont annoncé la création d'une nouvelle initiative : le Fonds bleu pour le bassin du Congo. Cette initiative a pour but de redéfinir les bases de l'économie de la région du bassin du Congo, qui représente à lui seul 220 millions d'hectares. L'heure est aujourd'hui à l'action. Tribune de Jean-Yves Ollivier, Président de la Fondation Brazzaville pour la paix et la conservation de la nature.
 
 

22 avril 2016, à la tribune de l'ONU. François Hollande est le premier signataire de l'Accord de Paris, premier accord universel sur le climat issu de la COP21. Un moment que le secrétaire de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié « d'historique ». Mais cet Accord le sera si, et seulement si, des actions de terrain sont menées dans la foulée.

Place à l'action et à l'innovation

Après des années de relative inertie et une absence de collaboration active entre gouvernements, après la perte de confiance de la part de l'opinion publique et des signaux toujours plus clairs d'un réchauffement climatique, il était temps d'agir. L'Accord de Paris, comprenant 17 objectifs de développement durable (ODD) sur la période 2015-2030 et approuvés en août 2015, doit constituer le début d'un long chemin qui déterminera le futur du monde et modifiera, je l'espère, l'état que nous lui connaissons aujourd'hui.

Les questions délicates qui risquent de repousser la mise en œuvre de l'accord sont nombreuses. La question de la répartition de l'effort pour réduire de 40% d'ici à 2030 les émissions de gaz à effet de serre est loin d'être résolue. La COP22, qui a eu lieu à Marrakech du 7 au 18 novembre 2016, est un premier point d'étape qui doit nous encourager à agir et innover pour atteindre ces objectifs.

L'eau comme fondement d'une justice climatique

Lors de la COP22, la République du Congo, avec la Fondation Brazzaville, ont annoncé la création d'une nouvelle initiative : Le Fonds bleu pour le bassin du Congo. Cette initiative a pour but de redéfinir les bases de l'économie de la région du bassin du Congo, qui représente à lui seul 220 millions d'hectares, en passant de l'exploitation des forêts à un développement durable et innovant autour des eaux du Congo et de ses affluents. Le Fonds bleu proposera des subventions renouvelables chaque année d'au moins 100 millions d'euros pour les acteurs œuvrant pour la protection de l'environnement. S'inscrivant ainsi dans ce que la Commission Economique pour l'Afrique a défini comme « l'Economie bleue » en garantissant des solutions tant au niveau économique qu'environnemental, le Fonds bleu a été désigné comme dossier prioritaire pour le continent africain.

Cette initiative de premier plan est soutenue par 11 pays africains : l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République-Unie de Tanzanie, le Rwanda et la Zambie. L'ensemble des ministres des Affaires étrangères et de l'Environnement de ces pays se retrouveront début 2017 pour parapher un protocole d'accord afin de lancer concrètement l'initiative.

La paix est le pré requis pour préserver la planète

A travers le Fonds bleu pour le bassin du Congo, la Fondation Brazzaville pour la paix et la conservation de la nature place la question de l'exploitation de l'eau au centre des enjeux de paix et de stabilité, permettant ainsi d'assurer la prospérité des nations, l'épanouissement des individus et la préservation de l'environnement.

Placée sous le patronage de Son Altesse Royale le prince Michael de Kent, la Fondation Brazzaville est une organisation à but non lucratif dédiée à la résolution des conflits, à la préservation de l'environnement et à la conservation de la nature. Elle a pour double ambition d'œuvrer pour l'instauration de la paix et la préservation de l'environnement, grâce à l'expérience de ses membres et conseillers émérites.

 L'eau, en tant qu'élément à la fois naturel, géographique et diplomatique nécessite un vrai débat, dont les questions soulevées doivent pouvoir en partie mettre en lumière des moyens autour du management de l'eau. A des niveaux différents, chaque personne doit être engagée dans la provision, la protection et la distribution optimale de l'eau. La collaboration entre les Etats, la stabilité politique et l'implication concrète du secteur privé sont ainsi trois conditions essentielles à ce réel engagement.

 Après l'Accord historique, place aux engagements de terrain historiques.

 
 
Voir l'article dans LA TRIBUNE AFRIQUE

Analyse - Le Fonds bleu expliqué par Sir David Richmond

 

 

« Les peuples du Bassin du Congo ont le droit d’accéder à une meilleure qualité de vie »


Propos recueillis par Bénédicte de Capèle et Marie-Alfred Ngoma dans LES DEPECHES DE BRAZZAVILLE

Mardi 30 Novembre 2016

Le 15 novembre, le président Denis Sassou N'Guesso lançait à Marrakech le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, une proposition de la République du Congo en collaboration avec la Fondation Brazzaville pour la Paix et la préservation de l'environnement. Dans une interview accordée aux Dépêches de Brazzaville, Sir David Richmond, le directeur général de la Fondation, dans un français impeccable du début à la fin, explique le sens de cette initiative.

Les Dépêches de Brazzaville. Qu'est ce qui a motivé la mise en place d'un Fonds bleu pour le Bassin du Congo et son officialisation par le président du Congo lors de la COP 22 ?

Sir David RichmondSir David Richmond. Cette idée de Fonds bleu répond à deux impératifs. Le Bassin du Congo est l'un des écosystèmes les plus importants du monde ; il constitue le second réservoir de carbone après le Bassin d'Amazonie et joue un rôle clé dans tous les efforts de prévention du réchauffement climatique. Un rôle capital pour le monde entier qu'il faut préserver. L'autre impératif repose sur le principe que tous les pays et tous les peuples du Bassin du Congo ont le droit d'accéder à une meilleure qualité de vie. Il faut donc réconcilier ces objectifs. Nous avons lancé cette idée de Fonds bleu pour répondre à ces deux impératifs en partant du principe qu'il faut passer d'une économie de ressources forestières à une économie collaborative qui s'appuie davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux du fleuve Congo et de ses affluents, ce qui ouvre toute une gamme de possibilités pour le développement durable. Par exemple, le transport et la navigation sur le fleuve et ses affluents, la pêche et la pisciculture, l'irrigation, très importante malgré le fait qu'il y ait beaucoup de pluie dans cette région du monde pour développer l'agriculture dans les savanes, la gestion des eaux usées, l'écotourisme... Toute une série de possibilités basées sur la ressource finalement renouvelable que représente l'eau ; une ressource qui permet aussi de diversifier les sources

d'énergie, notamment avec l'hydroélectricité.

D.B. Comment avez-vous accueilli la proposition du président pendant la COP 22 ?

Sir David Richmond. Le soutien du président de la République du Congo était très important parce que finalement, dans les grandes rencontres internationales, ce sont les Etats et les présidents qui comptent. Pas les fondations. Les fondations ont les idées mais pour les lancer, les concrétiser, les présenter à la communauté internationale, l'appui d'un Etat est indispensable et nous sommes très reconnaissants au président Denis Sassou N'Guesso qui a décidé de soutenir notre projet et de le lancer pendant la Cop 22. Il a réussi à lancer l’appel à la communauté internationale à soutenir le Fonds bleu et à apporter leurs contributions. Avec son ministre des Affaires étrangères, Jean Claude Gakosso, ils ont rassemblé les soutiens de tous les pays du Bassin du Congo et maintenant 11 pays appuient cette initiative : le Congo bien sûr, l'Angola, le Burundi, le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République centrafricaine, la République démocratique du Congo, la République unie de Tanzanie, le Rwanda et la Zambie.

 

D.B. Le projet est ambitieux. Quel sera le cadre de redistribution des rôles ?

Sir David Richmond. Tous ces pays sont les bénéficiaires potentiels de ce Fonds bleu mais il y a beaucoup de travail à faire pour définir comment nous allons administrer le Fonds, quelle en sera la gouvernance, etc. Pas mal de questions qu'il faut discuter en détail avant d’en concrétiser les réponses. Ce travail de mise en œuvre commence maintenant. Une réunion interministérielle des pays concernés se tiendra au mois de mars 2017 pour arriver à un accord sur les questions que je viens d'évoquer. Elle se fera probablement à Brazzaville à l'invitation du président Denis Sassou N'Guesso.

Une fois définie une position commune, collective des pays du Bassin du Congo, une discussion sera engagée avec les bailleurs de fonds, le Fonds vert, la Banque mondiale, etc. Maintenant, il est temps d'avancer, de donner l’impulsion à ce projet. Un des rôles de la fondation de Brazzaville est de s'assurer de cette impulsion cette motivation de tous les pays. Nous allons jouer ce rôle, avec évidemment le soutien et l'aide du président congolais.

 

DB. Il existe sur le continent des organismes régionaux qui travaillent déjà dans ce sens. Seront-ils des partenaires pour vous ?

Sir David Richmond. Le Fonds bleu ne vient pas en concurrence avec ceux qui existent dans le monde. Nous avons déjà eu des entretiens avec le CICOS par exemple et effectivement, il faut travailler avec les organisations régionales existantes. Elles peuvent jouer un rôle important dans cette initiative mais, d'une certaine manière, il revient aux pays du Bassin du Congo de définir eux-mêmes le rôle exact des organisations existantes. Avec plusieurs possibilités. Par exemple, une organisation doit diriger le Fonds bleu. Qui le fera ? Une organisation existante ? Faudra-t-il en créer une nouvelle ? Aucune décision n'a encore été prise sur ce point. La fondation va animer cette discussion, qui se fera entre les pays eux mêmes, car il leur appartient de prendre les décisions. Un plan d'investissement est aussi à bâtir.

Le Fonds Bleu va financer les projets dans les secteurs évoqués mais il faut une recherche, une analyse, un plan qui identifie les secteurs prioritaires et dans ces secteurs, les projets prioritaires. Parallèlement, des études seront menées pour montrer que ces secteurs et ces projets vont contribuer à diminuer la production de carbone. C'est important pour les bailleurs de fonds. La question reste ouverte : qui va faire cette étude ? Là encore une discussion est nécessaire. Peut-être une organisation régionale, peut-être la Banque mondiale. Je ne sais pas. Nous allons en parler mais il y a pas mal de possibilités pour impliquer les organisations régionales si les pays sont d'accord.

 

 

D.B. La Fondation de Brazzaville a joué un rôle important dans ce projet. Quel est son rôle ?

Sir David Richmond. La fondation existe depuis moins de deux ans. Elle s'est appelée la Fondation de Brazzaville parce qu'elle trouve ses origines dans l'Accord de Brazzaville de 1988 qui a conduit à la fin des conflits en Afrique australe et finalement préparé la fin de l'Apartheid en Afrique du sud. C'est un accord très important et l'année de son 25e anniversaire, le président Sassou N'Guesso a souhaité que soit trouvé un moyen pour maintenir l'esprit de l'Accord de Brazzaville. C'est dans cette idée que la Fondation de Brazzaville a trouvé ses origines. Maintenant la Fondation mène deux actions distinctes mais qui sont liées. D'abord, des missions de diplomatie informelle pour créer le dialogue dans les conflits entre les partis opposants, et trouver les moyens de prévenir les conflits, ou les résoudre. C'est une question de dialogue, de contacts et de rapprochements. Un champ d'actions est mené dans ce sens.

Parallèlement, la fondation soutient la création de projets économiques par des initiatives régionales pour promouvoir la coopération économique entre les pays dans l'intérêt de la prospérité et la paix. C'est dans ce cadre que s'inscrit l'idée de cette initiative du Fonds bleu qui rassemble 11 pays du continent. Le Fonds bleu est une manière d'encourager les projets entre ces pays.

D.B. La fondation rassemble des personnalités très diverses et est domiciliée à Londres. Pour quelles raisons ?

Sir David Richmond. Le fondateur principal, Jean Yves Olivier, qui connait depuis de longues années le Président Denis Sassou N’Guesso, ne voulait pas que la Fondation soit perçue comme une extension de la politique africaine de la France. Il voulait une indépendance et ne souhaitait pas que cette organisation se limite à la francophonie, mais à toute l'Afrique. Le champ d'action de la Fondation est mondial et concerne tout le continent africain, pas seulement francophone. En outre, l'administration des organisations caritatives à Londres est bien réglée et donne confiance à nos donateurs potentiels.

La Fondation est appuyée par un Conseil consultatif composé d’individus émérites qui se sont notammentdistingués par leursexpériences dans les médiations et la diplomatie informelle et par le Prince Michael de Kent qui, en tant que Patron, nous accompagne avec sa longue expérience dans les domaines de la protection des espèces animales et de la préservation de la nature.

 

« Les axes prioritaires du Fonds bleu consistent à supporter et promouvoir des projets le long du Fleuve Congo et de ses affluents au grand bonheur des riverains », Jean-Yves Olivier.

L'essentiel du Fonds bleu pour le Bassin du Congo

  • Le Bassin du Congo représente à lui seul 220 millions d’hectares de forêts.
  • Des subventions renouvelables de 100 millions d’euros (un peu plus de 65 milliards de FCFA) seront proposées chaque année avec des engagements sur le long terme œuvrant pour la protection de l’environnement et pour la réduction des effets du réchauffement climatique dans la région.

  • Le projet est en gestation. Des réunions entre les dirigeants, les experts et autres bailleurs de fonds suivront pour sa mise en œuvre et la définition des mécanismes de son fonctionnement.

  •   Les ministres des Affaires étrangères et de l’Environnement des pays concernés se retrouveront au début de l’année 2017 pour parapher un protocole d’accord en vue de concrétiser l’initiative.
  •   Des experts ont souhaité que le Tchad soit associé à l’initiative. Ce qui aiderait à trouver des solutions à l’assèchement de son lac qui a perdu 80% de sa superficie au cours des quarante dernières années. 

 

Voir l'article : www.adiac-congo.com

 

 

 

Analyse - lancement du Fonds bleu pour le bassin du Congo

 

 

COP22 : Denis Sassou N’Guesso propose un Fonds bleu pour la forêt d’Afrique centrale


PAR ISIDORE KWANDJA NGEMBO, POLITOLOGUE

 

En marge de la 22ème Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP 22) qui vient juste de clôturer ses travaux le 18 novembre 2016 à Marrakech, en laissant derrière elle un certain nombre des questions non résolues, le président congolais, Denis Sassou N’Guesso, a présenté le projet d’un Fonds bleu pour le bassin du Congo, conçu avec la Fondation Brazzaville, ONG présidée par Jean-Yves Ollivier.
 

Une initiative qui mérite d’être applaudie et soutenue fermement, si elle peut soulager un tant soit peu les souffrances et améliorer la qualité de vie de paysans qui survivent grâce à la chasse, à la cueillette et à couper du bois pour cuisiner, se chauffer, s’éclairer, mais également pour construire des cases en utilisant aussi des racines et écorces d’arbres comme substances médicamenteuses pour se soigner.

Maintenant que les lampions de la COP22 se sont éteints, sous le signe de l’action, il revient aux dirigeants politiques et économiques de traduire leurs promesses d’appui financier et technologique en propositions concrètes et d’appliquer les recommandations formulées lors de cette conférence. C’est dans ce contexte que s’inscrit justement la démarche du président Sassou N’Guesso, le doyen des présidents en exercice en Afrique centrale, qui a pris l’initiative louable de créer un Fonds bleu, à hauteur de 100 millions d’euros, pour promouvoir la réduction des effets du réchauffement climatique dans le bassin du Congo.

Un fonds bleu contre les effets du réchauffement

Mais pour que de tels engagements n’en restent pas à des déclarations d’intentions, il serait souhaitable que le président congolais donne le ton et serve d’exemple pour les autres, en démontrant comment il entend s’y prendre pour garantir l’effectivité d’un tel fonds. Un fonds qui pourrait bien servir à investir dans le développement des énergies renouvelables pour préserver la forêt du bassin et stimuler en même temps l’activité économique dans une des sous-régions les plus riches du continent africain, mais qui est dramatiquement dépourvue d’infrastructures de base pour réussir son décollage économique.

Au niveau international, il existe déjà un Fonds vert pour le climat, qui est un mécanisme financier des Nations unies, rattaché à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il représente un levier financier important dans la réalisation de mesures favorisant le développement durable et a pour objectif de réaliser le transfert de fonds des pays les plus avancés à destination des pays les plus vulnérables afin de mettre en place des projets pour combattre les effets des changements climatiques. Le but fixé par les États-parties à la CCNUCC est de réussir à financer le Fonds à hauteur de 100 milliards de dollars américains par an d’ici à 2020. Mais seulement, il y a encore beaucoup d’incertitudes sur la provenance de ces fonds et des doutes persistent quant à la volonté manifeste de la communauté internationale de matérialiser cette initiative.

Ce qui est vrai, c’est que l’inaction ne constitue pas une réponse appropriée au réchauffement climatique. En effet, il existe suffisamment de preuves scientifiques pour affirmer que le réchauffement climatique, résultat de l’effet de serre, est très probablement lié aux activités humaines, notamment le mode de vie, de production et de consommation. Un défi de notre époque que nous devons tous et absolument relever en protégeant notre environnement. Il est donc nécessaire que les dirigeants politiques agissent, de façon efficace, afin de trouver un équilibre entre leur obligation de procurer le bien-être socio-économique à leur population et leur devoir de protéger l’environnement pour les générations à venir.

Comment protéger la forêt du bassin du Congo ?

Il est indéniable que la forêt joue un rôle important dans le processus de réduction des émissions de GES, dans la mesure où elle contribue au stockage de carbone et à l’atténuation des émissions anthropiques. En effet, les arbres retiennent le CO2 par le mécanisme de la photosynthèse, rejetant l’O2 et stockant le carbone atmosphérique.

Avec plus de 200 millions d’hectares de la forêt tropicale, le bassin du Congo, est le second poumon écologique du monde et le plus grand réservoir de biodiversité en Afrique. Cette forêt libère de l’oxygène indispensable à la vie de toute l’humanité toute entière. Les écosystèmes qui se trouvent dans cette forêt jouent un rôle crucial et primordial en matière d’atténuation des répercussions des changements climatiques et de protection de la biodiversité.

Mais la forêt du bassin du Congo est aussi une ressource vitale du mode de vie traditionnel des autochtones et un gagne-pain pour la grande majorité de la population rurale du bassin du Congo. Les activités socio-économiques de la plupart des paysans d’Afrique centrale sont concentrées dans et autour de cette forêt. Ces populations ne disposant pas de l’énergie électrique, elles dépendent quasi quotidiennement de la forêt pour leur survie.

Si la communauté internationale reconnait que la forêt du bassin du Congo contribue énormément à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et que sa préservation est un bénéfice pour le bien-être de l’humanité toute entière, il serait juste et équitable que les populations environnantes qui consentent davantage d’efforts pour limiter l’exploitation de cette immense ressource forestière reçoivent, en contrepartie, une rétribution correspondant aux sacrifices qu’elles doivent s’imposer.

C’est ici qu’il est nécessaire de rappeler, si besoin en était encore, le principe 7 de la Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement de 1992 : Responsabilités communes mais différenciées.

« Les États doivent coopérer dans un esprit de partenariat mondial en vue de conserver, de protéger et de rétablir la santé et l’intégrité de l’écosystème terrestre. Étant donné la diversité des rôles joués dans la dégradation de l’environnement mondial, les États ont des responsabilités communes mais différenciées. Les pays développés admettent la responsabilité qui leur incombe dans l’effort international en faveur du développement durable, compte tenu des pressions que leurs sociétés exercent sur l’environnement mondial et des techniques et des ressources financières dont ils disposent.  »

Enfin, le jeu combiné de l’exploitation excessive des ressources naturelles et énergétiques actuelles et de la progression constante du réchauffement planétaire n’est pas de nature à soulager les craintes et les préoccupations croissantes suscitées par les changements climatiques et les besoins d’adaptation qui en découlent.

Nous assistons déjà à une recrudescence de phénomènes de détérioration rapide de l’environnement qui contraint des dizaines de millions de personnes aux quatre coins du monde d’abandonner, soit temporairement soit définitivement, leur milieu de vie naturel à cause par exemple des inondations massives et généralisées provoquées par des pluies diluviennes qui s’abattent de plus en plus fréquemment sur bien des régions du monde, avec comme conséquences possibles les océans qui se dilatent et le niveau élevé des eaux qui inonde des régions entières, ralentissant brutalement de ce fait toute activité économique et provoquant ainsi des problèmes de migration de population. Les premiers qui subissent de plein fouet les impacts du changement climatique sont notamment les pays en développement, pauvres et vulnérables, qui manquent des ressources financières et technologiques conséquentes pour répondre aux défis climatiques.

Autant d’enjeux prioritaires pour le Fonds bleu constitué par le Congo et qui répond ainsi à une urgence mondiale.

 

 

SOURCE : Afrik.com 

 

 

 

[Bulletin Quotidien] Jean-Paul Delevoye a rejoint le Conseil consultatif de la Fondation Brazzaville

Article paru dans Le Bulletin Quotidien (Société Générale de Presse) du mercredi 31 août 2016.

M. Jean-Paul DELEVOYE, ancien président du Conseil économique, social et environnemental, ancien ministre de la Fonction publique, de la Réforme de l’État et de l’Aménagement du territoire, ancien Médiateur de la République, a rejoint le Conseil consultatif de la Fondation Brazzaville. Cette fondation est une organisation à but non lucratif dédiée à la résolution des conflits, à la préservation de l’environnement et à la conservation de la nature. Basée à Londres, la fondation est dirigée par un conseil d’administration composé de MM Jean-Yves OLLIVIER, président, Philip PRETTEJOHN et Lord Bell de BELGRAVIA. Elle est placée sous le patronage du prince Michael de Kent. La Fondation Brazzaville travaille actuellement au développement d’un projet de coopération, notamment environnementale, entre les pays présents autour du Bassin du Congo.

Mise au point de la Fondation Brazzaville à la suite d’un article paru dans L’Obs

La Fondation Brazzaville est une organisation à but non lucratif qui se donne pour mission de favoriser la paix et la préservation de l’environnement, là où ses membres sont sollicités.

Dans la foulée du 25ème anniversaire des Accords de Brazzaville, elle a été créée à l’initiative de Jean-Yves Ollivier. Le Président du Congo-Brazzaville Denis Sassou N’Guesso, connu pour ses convictions anti-apartheid, fait partie des artisans de ces Accords de Brazzaville qui ont inspiré Jean-Yves Ollivier et l’ont conduit à la création de la fondation. La Fondation Brazzaville n’a en aucun cas été créée par le Président Denis Sassou N’Guesso.

La Fondation Brazzaville rassemble des acteurs internationalement reconnus de la résolution pacifique des conflits, dont le Dr José Ramos-Horta, Prix Nobel de la Paix 1996, M. Kabiné Komara, ex-Premier ministre de Guinée ou M. Pär Stenbäck, dont l’engagement humanitaire est mondialement reconnu.
La Fondation Brazzaville a pour objectif de mettre en place un espace de médiation, formel ou informel, entre les différentes parties en présence dans un conflit. Il se traduit par la recherche de moyens diplomatiques classiques ou d’approches originales parallèles basées sur le pragmatisme, qui permettent d’instaurer les conditions d’un dialogue, dans le cadre de la résolution pacifique de conflits humains actuels ou d’établissements de règles environnementales de long-terme. C’est ainsi que la Fondation a notamment joué un rôle majeur dans la libération du père Mateusz Dziedzic et de 25 otages retenus en République Centrafricaine en novembre 2014, qu’elle a participé aux réflexions du 200ème anniversaire du Congrès de Vienne en 2015 et qu’elle participera bientôt au forum de Baku organisé par l’Alliance of Civilizations sous l’égide des Nations Unies.

En 2015, la Fondation Brazzaville a naturellement apporté un soutien moral à l’Alma Chamber Orchestra, la recherche de la paix étant un de leurs objectifs communs. Il n’a en revanche jamais été question d’un quelconque soutien financier. Les comptes de la Fondation Brazzaville, enregistrée comme Charity à Londres, sont publics et à ce titre aisément vérifiables.

Jean-Yves Ollivier, aujourd’hui président de la Fondation Brazzaville, a été fait Grand Officier de l’Ordre de Bonne Espérance par Nelson Mandela en raison de son action en faveur de la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud et en particulier pour sa participation au processus de paix, dit des « Accords de Brazzaville », signés le 13 décembre 1988. En 1987, il a organisé dans des conditions particulièrement sensibles l’échange de près de 200 prisonniers entre différentes nations en guerre à cette époque en Afrique australe. Cet échange a permis la reconnaissance, par l’Etat Sud-Africain, de l’ANC de Nelson Mandela puis, plus tard, la libération de ce dernier.

Modeste maillon de la chaîne de bonnes volontés ayant conduit à cette issue favorable, Jean-Yves Ollivier a toutefois eu un rôle déterminant qui lui a valu cette reconnaissance honorifique et ne cherche en aucun cas à se « l’arroger », ainsi que l’Obs souhaiterait le présenter. Ces faits sont reconnus et documentés dans le film Plot For Peace, lequel a été diffusé lors d’une cérémonie des Nations Unies et enregistré dans leurs archives en juin 2015.

C’est pour cette même raison que, par décret du Président de la République du 3 avril 2015, Jean-Yves Ollivier a été fait officier de l’Ordre National de la Légion d’honneur sur le quota de la Grande chancellerie de la Légion d’honneur (et non du Premier ministre). Jean-Yves Ollivier a toujours voué sa vie à la résolution de conflits, dont cet épisode marquant n’est qu’un élément. C’est dans la poursuite de cette dynamique qu’il a créé la Fondation Brazzaville.

M. Kabiné Komara dans la liste des 100 personnalités qui ont fait bouger l’Afrique en 2015

M. Kabiné Komara, membre du conseil consultatif de la Fondation Brazzaville depuis sa création, vient d’être cité par le Financial Afrik dans la liste des 100 personnalités qui ont fait bougé l’Afrique en 2015 . Il apparaît ainsi dans le classement annuel du média dans la section Stratèges. Il avait déjà été cité dans ce classement à l’occasion de l’édition 2014.

M. Kabiné Komara est ainsi de nouveau cité pour son rôle majeur dans les projets d’intégration régionale passant notamment par de vastes chantiers d’interconnexion électrique entre les pays de la zone sur laquelle intervient l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS) dont il est le Haut Commissaire.

Retrouvez ici le classement complet du Financial Afrik.

M. Kabiné Komara a notamment exprimé sa gratitude auprès de ses proches. « Je dois ceci au soutien et à l’amitié de personnes chères comme vous. Merci encore. J’en profite pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2016. Que Dieu nous assiste. »

Kabine Komara

[Figaro Vox] Syrie : un scénario à la sud-africaine pour sortir de l’impasse ?

Syrie: l’espoir sud-africain

Un conflit sans issue au coût humain inacceptable, qui perpétuellement double la mise telle une martingale de souffrances ; une crise illisible tant la superposition d’enjeux nationaux, régionaux et géopolitiques, par-dessus de profonds clivages religieux et ethniques, brouillent l’analyse ; une pomme de discorde entre puissances traditionnellement amies et un terrain d’entente d’alliances à contre-nature ; enfin, un cimetière de bonnes intentions.

Bien sûr, tout le monde l’a reconnue, il s’agit de la Syrie. Mais qui se souvient que, hier, c’était l’Afrique du Sud?

Pour la Syrie, nous savons. Jour après jour, ses citoyens déferlent sur nos écrans dans leur fuite éperdue vers l’Europe, peu importe le pays pourvu que ce ne soit pas le leur. En cinq ans, ce qui a débuté comme une révolte émancipatrice dans le contexte du «Printemps arabe» s’est dégradée en un brouillamini de causes dont plus aucune ne semble bonne. Un «dictateur», Bachar al-Assad, se défend le dos au mur, poussé dans ses derniers retranchements par une opposition «modérée» censément démocratique et, de plus en plus, par des djihadistes, l’Etat islamique en tête. La Syrie est devenue le champ de bataille de puissances régionales qui s’y tiennent en échec. Depuis que la Russie a décidé de faire contrepoids aux États-Unis, campagne aérienne contre campagne aérienne, l’idée même d’une victoire, de quel que camp que ce soit, s’est évanouie en mirage. D’où l’exode des civils pris entre tous les feux et, désormais, sans espoir de survie.

Notre premier devoir est leur rendre cet espoir. Et c’est possible. Souvenons-nous de l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid. Là aussi, comme aujourd’hui le clan Assad à la tête de la communauté alaouite, soit environ 12 pour cent de la population syrienne, une minorité – blanche – monopolisait le pouvoir politique et économique. Les états voisins dits «les pays de la ligne de front» étaient imbriqués dans la lutte anti-apartheid et, en représailles, exposés à la déstabilisation par mouvements rebelles interposés.

Enfin, dans la logique de la Guerre froide, les États-Unis et leurs alliés, d’un côté, et, de l’autre, l’Union soviétique et Cuba avaient pris fait et cause pour «le bastion du monde libre» à la pointe de l’Afrique ou contre «le régime raciste sud-africain». Pendant ce temps, les townships noirs brûlaient, toute une génération n’allait pas à l’école et l’Angola comme le Mozambique étaient dévastés par des guerres par procuration. L’avenir s’appréhendait comme une vaste conflagration régionale, l’exode des Blancs ou un bain de sang, sinon tout à la fois.

Nous connaissons la suite. Les belligérants, à tous les niveaux, se sont parlé, sans exclusive ni conditions préalables. Les Américains se sont assis à la même table que les Cubains, à une époque où le régime de Castro était diabolisé par Washington ; les pays de la ligne de front ont conclu une trêve avec la puissance régionale de suprématie blanche ; les militants de l’ANC ont pris langue avec leurs oppresseurs, ce pouvoir qui avait nié jusqu’à leur humanité. Le «miracle sud-africain», ce fut d’abord et surtout un renversement de perspectives: les yeux étaient fixés non plus sur le solde du passé, c’est-à-dire des comptes à régler, mais sur la promesse d’un avenir que tous allaient pouvoir habiter. Cette solution n’était pas miraculeuse en soi – aujourd’hui, l’Afrique du Sud en témoigne – mais profondément humaine. Par petits pas, on s’est éloigné de la tombe creusée.

Pour que la Syrie puisse faire de même, deux leçons doivent être tirées de l’exemple sud-africain. D’une part, la logique selon laquelle «l’ennemi de mon ennemi est mon ami» huile un engrenage infernal. Ainsi, l’Iran et sa milice locale, le Hezbollah, défendent-ils un régime qu’ils comptent dans le camp chiite alors que l’Arabie saoudite, d’ordinaire guère prosélyte en matière de libertés, soutient une opposition démocratique parce que sunnite. Or, de telles alliances mécaniques scellent le martyre de la Syrie, échiquier de causes qui ne sont pas les siennes. Il faudra donc désenchevêtrer les forces en présence. Encore une fois, c’est possible. J’étais moi-même impliqué dans les négociations qui ont abouti à ce résultat en Afrique australe où la paix régionale a été conclue en décembre 1988 – onze mois avant la fin de la Guerre froide.

D’autre part, la recherche de la paix n’est pas un bal de bienséance auquel ne sont conviés que des gens «fréquentables». L’ancien président finlandais et prix Nobel de la paix, Martti Ahtisaari, a révélé, le 15 septembre dans The Guardian, que les puissances occidentales au Conseil de Sécurité ont rejeté, en 2012, l’offre russe d’un départ négocié de Bachar al-Assad. À l’époque, celui-ci avait déjà été passé par pertes et profits. Depuis, davantage par amour propre que par solidarité avec les victimes de son régime, l’Occident veut décapiter la communauté alaouite avant de l’admettre à la table des négociations. On pense qu’en coupant la tête le corps survivra. Quoiqu’on pense du dirigeant syrien, cette obstination s’assimile à un crime contre la paix. La France est particulièrement mal placée pour le commettre. Quand elle gouvernait la Syrie, comme puissance mandataire après la Première guerre mondiale, n’était-ce pas elle qui créa «le pays des Alaouites» donnant ainsi naissance à un particularisme qu’elle cherche à nier à présent ?

Lien vers la tribune

[L’Obs] La fin du putsch au Burkina Faso ? L’échec d’un modèle de transition démocratique

Moins d’un an après le soulèvement populaire qui chassa Blaise Compaoré du pouvoir, l’accord de sortie de crise entre le gouvernement intérimaire et les putschistes du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) démontre l’échec tragique du « modèle burkinabè » de transition démocratique.

Suite à l’accord négocié par les leaders ouest-africains, de nouvelles élections sont prévues pour la fin du mois de novembre. Cependant, la participation des proches de l’ancien président Blaise Compaoré à ces nouvelles élections demeure incertaine. Et ce, alors même que la décision du gouvernement intérimaire d’introduire un nouveau code électoral – qui interdisait aux proches de l’ancien président de se présenter aux élections initialement prévues le 11 octobre 2015 – a précipité le coup d’État du Général Gilbert Diendéré.

« Le poison de l’exclusion politique »

Remontons le temps pour comprendre comment nous en sommes arrivés là. Au mois de juin, l’International Crisis Group (ICG) avait déjà signalé les risques pesant sur les futures élections qui devaient faire advenir un véritable régime démocratique. « Le Code électoral, très controversé, risque d’injecter le poison de l’exclusion politique dans un pays attaché au multipartisme », estimait l’ONG.

Alors que cette modification du Code électoral était dénoncée par la cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les chancelleries occidentales n’ont pas semblé être gênées par cette nouvelle confiscation du libre arbitre du peuple burkinabè. Mais à force d’être « démocrate à la carte », on finit par récolter des coups de force…

Les évènements de ces derniers jours viennent malheureusement confirmer une analyse que j’avais faite en novembre dernier au lendemain de l’insurrection populaire. À cette date, je considérais qu’il fallait bien peu faire cas du citoyen ordinaire burkinabé pour descendre en flammes les pseudo-révolutionnaires après trois décennies de vie quotidienne tranquille, pour ne pas dire « normale ».

Cesser de plaquer un introuvable « modèle démocratique »

Trois décennies de gens qui partaient tous les matins au travail, d’enfants qui allaient à l’école, trois décennies d’un développement économique et d’une croissance réels. Car, même si la démocratie burkinabè n’avait pas encore passé l’épreuve de l’alternance du pouvoir, faut-il rappeler que notre Ve République n’a réussi ce test qu’en 1981, avec l’élection de François Mitterrand ?

Mon deuxième argument était que l’explosion démographique engendrerait nécessairement une forte instabilité politique ; instabilité qu’il appartenait aux puissances étrangères de ne pas encourager.

Quand bien même une démocratie parfaite verrait le jour au Burkina Faso, la masse des jeunes chômeurs dans la bande sahélienne ne trouvera pas de travail rémunérateur dans un avenir prévisible – d’où de possibles coups de force, l’exode massif vers l’Europe et la prolifération des mouvements djihadistes dans la région, entre autres.
Pour finir, j’avais souligné qu’il n’y avait plus de modèle unique en Afrique puisque le continent – affranchi de la chape de plomb de la Guerre froide et désormais ouvert à de nouvelles puissances – était plus que jamais pluriel. Autrement dit, l’Afrique n’était plus « un pays » mais une mosaïque de plus d’1,1 milliard d’habitants et de 54 États aux trajectoires singulières, impossibles à réduire à un raccourci.

Voilà pourquoi il est urgent de cesser de plaquer un introuvable « modèle démocratique » sur la deuxième plus grande étendue de terres au monde. Urgent de cesser de nous ériger en donneurs de leçons. Enfin, tout aussi urgente est notre mission de veiller à prévenir l’émergence de ces « contre-modèles », qui naissent en réaction à notre indifférence.

La Lettre de L’Expansion. Fondation Brazzaville : premier conseil d’administration à Londres

La fondation Brazzaville, présidée par Jean-Yves Ollivier et dédiée à la résolution des conflits et à la préservation de l'environnement, réunit son premier conseil d'administration jusqu'à demain soir à Londres. Parmi les membres fondateurs, sont présents José Ramos-Horta, Prix Nobel de la Paix et ex-président de la République du Timor-Oriental, Mathews Phose, personnage clé de la libération de Nelson Mandela et de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, ainsi que le Prince Michael de Kent. Cette foncation, créée en 2104, a notamment été impliquée dans la libération du père polonais Mateusz Dziedzic et de 25 otages africains en octobre 2014.

Le Figaro. Jean-Yves Ollivier : « Je sais amener des gens à la raison »

Figaro Jean-Yves Ollivier

La Croix. Afrique : la souveraineté ne se découpe pas en mandats

Croix Afrique

Figaro. Un « diplomate de l’ombre » décoré par Manuel Valls

Figaro Valls

ADIAC. Cinéma : Plot for peace projeté à Brazzaville

L’institut français du Congo a eu le privilège d’accueillir, le 3 Juin, Jean Yves Ollivier venu spécialement de France pour présenter son film Plot for peace, qui retrace l’action déterminante qu’il a menée dans les années 80 pour faire bouger les lignes en Afrique australe.

Source : Agence d’Information d’Afrique Centrale.

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Le Point. Jean-Yves Ollivier reçoit les insignes d’officier de la Légion d’honneur

Point Jean-Yves Ollivier

Euronews. Projection de Plot for Peace aux Nations Unies

De nombreuses personnalités politiques et diplomatiques se sont rassemblées au siège des Nations Unies à New York pour la projection du documentaire plébiscité Plot for Peace.

AllAfrica. Martti Ahtisaari revient sur l’importance de l’Accord de Brazzaville

Martti Ahtisaari, Prix Nobel de la Paix, souligne dans une interview donnée à New Era l’importance majeure du protocole ayant mené à l’Accord de Brazzaville dans la restauration de la paix et l’accès à l’indépendance de la Namibie, et, par la suite, à la démocratisation de l’Afrique du Sud et la fin de l’apartheid.

Source : AllAfrica / New Era Namibia.

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