Nos revues de presse

 Sous la présidence de Jean-Yves Ollivier, la Fondation Brazzaville a organisé une réunion de deux jours à Marrakech les 12 et 14 juin afin de débattre de la lutte contre le trafic de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés.

 

La Fondation a été invitée à soutenir et à aider à coordonner une nouvelle initiative prise par cinq chefs d’État d’Afrique de l’Ouest (Niger, Togo, Ghana, Sénégal et Congo Brazzaville). La réunion a examiné la manière de faire progresser cette initiative et de s’assurer qu’elle aura un impact décisif.

Parmi les 30 participants figuraient les ambassadeurs sénégalais et congolais au Maroc; un représentant du ministère des Affaires étrangères marocain; un certain nombre de personnes travaillant sur ces sujets au plus près du terrain, en Afrique, notamment la directrice des pharmacies du Niger, ainsi que ses collègues guinéens et marocains; des représentants d'ONG intéressées, notamment le Harvard Global Health Institute, la Ichikovitz Family Foundation, le Forum sur la sécurité en Afrique et l'Institut de recherche pour le dialogue des civilisations; et Jean-Louis Bruguière et Kabiné Komara du conseil consultatif de la Fondation Brazzaville.

Les points majeurs qui ont émergé de la discussion étaient : 

Le trafic de médicaments falsifiés est un problème complexe et pour lutter efficacement, cela nécessite un certains nombre d’actions diverses et une forte coopération entre de nombreux acteurs. Il n'y a pas de solutions rapides et faciles. Mais cette nouvelle initiative pourrait faire une réelle différence. Elle propose de : 

  • Introduire / harmoniser la législation pour criminaliser le trafic de faux médicaments et prévoir des sanctions pénales sévères et de meilleures dispositions en matière d'extradition. La signature et la ratification de la Convention sur le microcrédit, l'accord international visant à ériger en infraction pénale le trafic de faux médicaments, joue un rôle essentiel, de même que le modèle de législation de l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC) conçu pour aider à la mise en oeuvre des recommandations de la convention Medicrime. Les liens croissants entre la criminalité transnationale et le financement du terrorisme ont renforcé l’urgence de prendre de telles mesures.
  • Assurer une meilleure application de la loi en rassemblant les efforts des ministères et des départements clés (police, douanes, intérieur / sécurité, santé, justice) sous le contrôle direct du président. Une suggestion a été de créer des groupes de travail spéciaux afin d’effectuer cette tache. L'amélioration du partage du renseignement et la nécessité de formation / renforcement des capacités ont également été soulignées.

Il a également été suggéré que l'initiative des cinq chefs d'Etat puisse jouer un rôle vital en tant que modèle auquel d'autres membres de la CEDEAO et de l'UA pourraient être invités à se joindre. En outre, le fait que les pays africains rejoignent l’initiative de cette manière augmenterait la pression sur la communauté internationale pour qu’elle agisse.

L’initiative devrait être appuyée par de solides programmes de communication (par pays) visant à sensibiliser le public et à assurer que les consommateurs soient correctement informés.

Autres points clés

  • Nécessité d'une production locale / régionale de médicaments génériques abordables et de qualité, réduisant ainsi la dépendance vis-à-vis des importations d'Inde, de Chine, etc.
  • L'importance de la recherche en parallèle pour établir I) une base de données probantes permettant de justifier les arguments politiques en faveur d'une action; et II) établir des bases de référence permettant de mesurer les résultats des nouvelles initiatives.
  • La nécessité de trouver des moyens de s'attaquer à ce problème à la source dans des pays comme l'Inde et la Chine, où une grande partie du trafic provient actuellement, par exemple en faisant appel aux réseaux BRIC.
  • La nécessité de veiller à ce que la communauté internationale accorde au trafic de médicaments falsifiés la même priorité et les mêmes ressources que le trafic de drogue, d’êtres humains et d’armes / le blanchiment d’argent et que les mêmes instruments internationaux de coopération soient utilisés pour le combattre.
  • L’idée d’une déclaration formelle des chefs d’État s’engageant à ne pas accepter d’argent provenant de ce trafic illicite pour financer leurs campagnes électorales.

 "J'apporte ma contribution pour que les réalités africaines ne soient pas ignorées dans le diagnostic des problèmes mondiaux"

INTERVIEW  réalisée par Anthioumane D. Tandia pour  Afrimag 

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AFRIMAG : Vous avez participé à Beijing pour la première fois à la réunion de l’Association des 40 anciens leaders mondiaux dénommée « International Action Council », après votre cooptation en 2017. Que recouvre cette organisation et quels sont ses objectifs ?


Kabiné Komara : J’ai eu effectivement l’honneur de participer à la 35ème session de l’International Action Council du 28 au 30 septembre 2018 à Bejing en Chine. Fondée en 1983 par feu Takeo Fukuda, l’ancien Premier ministre du Japon, cette prestigieuse organisation indépendante regroupe d’anciens dirigeants mondiaux dont l’expérience et le recul permettent une réflexion de haut niveau autour de plusieurs priorités telles que la paix et la sécurité, les standards éthiques universels et la redynamisation de l’économie mondiale. Nos propositions sont communiquées directement aux leaders mondiaux, dirigeants d’organisations internationales et personnalités influentes.

Quel rôle pouvez-vous jouer pour l’Afrique dans le cadre de cette très influente Association des 40 anciens dirigeants mondiaux ?

Tout d’abord, je dois dire que l’organisation comporte deux prestigieuses figures africaines : les anciens présidents tanzanien Benjamin William Mkapa et nigérian Olusegun Obasanjo par ailleurs co-présidents de l’association. A côté de ces deux illustres personnalités qui ont déjà tant fait pour leurs pays et l’Afrique, j’apporte ma modeste contribution pour que les réalités africaines ne soient pas ignorées dans le diagnostic des problèmes mondiaux et dans la formulation de recommandations que fait l’association en tant que groupe d’influence. Par exemple, lors de la session de Bejing, nous avons fortement défendu la position africaine sur le changement climatique, l’intelligence artificielle, le multilatéralisme mondial et l’immigration pour ne parler que de ces sujets.

Justement, des experts ont eu à se pencher notamment sur l’intelligence artificielle, un domaine où l’Afrique est particulièrement en retard. Est-il possible d’activer les leviers de la coopération pour que les pays africains ne ratent pas le train de cette nouvelle révolution ?

Ce sujet est très intéressant et je tenais à préciser tout d’abord que l’Afrique est au centre de beaucoup de convoitises pour l’intelligence artificielle (IA). En témoigne l’annonce en juin 2018 de l’ouverture du premier centre de recherche par Google dédié à cette thématique prévue à Accra. Je tenais également à nuancer le retard de l’Afrique avancé à ce sujet car des ingénieurs africains de renom existent mais ne travaillent pas actuellement dans notre continent.

C’est le cas, par exemple, de cet ingénieur guinéen du nom d’Abdoulaye Daniré Diallo qui a été primé récemment au Next Einstein Forum de Kigali pour ses travaux sur la classification des virus et microbes et la prédiction de leurs mutations génétiques. Les résultats de ses travaux ouvrent d’importantes perspectives dans les domaines de la biologie et de la médecine. L’intéressé est actuellement directeur du laboratoire de bio-informatique de l’Université du Québec à Montréal. Le recours à l’intelligence artificielle est une aubaine incroyable pour les pays africains étant donné qu’elle peut compenser de manière spectaculaire à long terme nos retards d’infrastructures. Des sujets clés directement corrélés à notre croissance comme la santé, l’éducation, l’environnement sont éligibles à son application.

Il me semble que les Africains devraient baser leur coopération en matière d’intelligence artificielle sur deux leviers essentiels :
Le premier porte sur la mutualisation des capacités de recherche afin que les génies en herbe qui seront regroupés à ce niveau puissent bénéficier de l’encadrement nécessaire et du soutien financier garanti sans lesquels aucune recherche ne peut aboutir à des résultats concrets.
En effet, il n’est pas à la portée de nos pays pris individuellement de pouvoir faire face à de tels défis.

Le second levier porte sur la protection des données de masse dont nos pays ignorent souvent qu’elles constituent une immense richesse qui doit être exploitée pour supporter les analyses, les projections et les algorithmes. Le grand risque, aujourd’hui, est de voir des acteurs étrangers venir s’emparer de ces données à notre insu et les utiliser à leur profit.

La conférence s’est penchée sur les instruments internationaux majeurs relatifs à la gouvernance mondiale et dont certains sont aujourd’hui remis en cause par l’administration Trump et pourraient aboutir par ricochet à de sérieux conflits. Quels sont, selon vous, ces instruments qui ne cadrent pas avec la vision africaine ?

La liste des institutions et accords challengée par l’administration Trump est longue. Elle comprend un nombre considérable d’instruments et de traités internationaux : ONU, ALENA, OTAN, OMC, les accords sur le nucléaire iranien et de Paris sur le climat, les traités transpacifique et transatlantique.
Il me semble qu’il y a une mauvaise lecture découlant d’un éloignement de la vision originale de ces institutions et de la mutation qu’engendre la globalisation des liens financiers, humains et diplomatiques.

Bien qu’elles aient pour but de synthétiser et cadrer les relations entre les différentes nations, ces institutions sont soit fondées sur un consensus global (OMC) ou dominées par une poignée de pays (ONU). Il est indéniable aujourd’hui que la remise en cause de toute cette architecture mondiale pourrait être de nature à perturber les équilibres mondiaux, susciter la méfiance et engendrer le repli sur soi-même qui est en définitive, n’est de l’intérêt de personne, y compris même de ceux qui en sont les adeptes.
Par exemple, la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine est déjà en train de provoquer un ralentissement de la croissance mondiale. La plupart des grands pays sont en train de revoir à la baisse leurs objectifs de croissance pour 2018 et 2019 (-0.2 point de retrait à l’échelle mondiale, soit une croissance de 3.7% selon la FMI). Si nous prenons l’Accord de Paris sur le climat, ce serait une catastrophe mondiale si cette chance historique obtenue dans la capitale française en novembre 2016 devait se terminer par un fiasco.

Tout le monde vit aujourd’hui les effets dévastateurs des changements climatiques causés par le réchauffement de la planète et par notre mode de vie peu soucieux de son impact sur les écosystèmes. Les phénomènes extrêmes (sécheresses, ouragans, cyclones) se succèdent à un rythme et une intensité jamais connus auparavant. Les solutions à cette menace planétaire ne peuvent être trouvées que par une démarche multilatérale tant réclamée par la majeure partie de la population mondiale.

Comment l’Afrique pourrait-elle faire entendre sa voix sur ces sujets-là ?

Une donnée nouvelle qui a surgi au niveau de la décennie passée est que le monde a viré de l’afro-pessimisme à l’afro-optimisme.
En plus de son potentiel agricole et minier, la croissance démographique de l’Afrique la place comme un acteur majeur de l’économie mondiale d’ici une vingtaine d’années.
Pour autant, une prise de conscience est indispensable au niveau des leaders africains pour doter le continent d’une gouvernance qui fasse de plus en plus appel à la mise en commun des intelligences et des ressources non seulement pour être leur propre acteur, mais également pour mieux peser sur les grandes initiatives mondiales.
La réforme en cours de l’Union africaine (UA) pour se doter d’un mécanisme de financement propre et pour parler d’une même voix sur les problèmes majeures ainsi que le lancement de la zone de libre-échange continentale sont assez prometteurs de ce point de vue.

Il faudra plus. Au-delà des textes, il faut de la volonté, de la pertinence et de constance dans l’engagement.
Pour cela, le réveil des leviers jusque-là marginalisés à savoir les femmes, la jeunesse et la société civile est de nature à accélérer une prise de conscience collective sur l’interdépendance de nos pays et de la force qu’il y a à agir ensemble.

C’est ainsi que l’Afrique pourra demeurer crédible, se faire entendre dans les différentes arènes et peser sur les grandes décisions ; qu’elles soient dans les domaines de la paix, la sécurité, l’immigration, le commerce, la santé ou en d’autres domaines.

Quelle lecture faites-vous du nouveau protectionnisme de l’administration américaine et ses conséquences sur l’économie mondiale ? Et comment cela pourrait affecter à terme les économies africaines largement dépendantes de la croissance en Chine, première cible des pays dans le collimateur de la politique économique américaine ?

De manière objective, on peut relever actuellement une constante dans l’action politique des Etats-Unis pour négocier en bilatéral sa position dans les échanges commerciaux en faisant fi des organisations historiques et des sanctions possibles.

Ceci pourrait être néfaste pour l’économie mondiale avec des pays concernés par le conflit et qui pourraient choisir par mesure de précaution de diminuer leurs exportations pour les produits destinés au marché américain ou trouver d’autres circuits d’approvisionnement. On pourrait se poser aussi la question de savoir si les Etats-Unis ne seront pas victimes de ces mesures à terme sachant que leurs entreprises sont mondialisées et donc dépendantes indirectement des pays qu’ils peuvent léser dans leurs négociations.

Concernant la Chine en particulier, elle prend une importance stratégique considérable vis-à-vis des Etats-Unis dans un secteur-clé indispensable au rayonnement américain : la haute-technologie. Elle a ainsi affirmé dans le document stratégique “Made in China 2025” vouloir s’affirmer dans l’aérospatial, les microprocesseurs, les nouveaux matériaux entre autres. C’est principalement autour de ce point que les Etats-Unis veulent affaiblir la Chine. Pour ce qui est de l’Afrique, les Etats-Unis ont affirmé l’importance stratégique que revêt l’Afrique par la publication de la Stratégie de sécurité nationale en décembre 2017 avec plusieurs axes : politique, sécuritaire mais surtout économique. Ils se préparent à lancer l’Institution de financement du développement (IFD) dotée de 60 milliards de dollars pour contrer l’influence de la Chine en Afrique et d’autres pays en développement ; sachant que cette dernière a déclaré octroyer 60 milliards de dollars lors du sommet Chine-Afrique de septembre 2018.
Face à cette situation, les pays africains doivent faire preuve d’un recours raisonné et constant à l’intelligence économique pour prévoir quels secteurs de leur économie pourraient être impactés positivement ou négativement par les ping-pongs entre les grandes puissances et affiner leurs différents partenariats en conséquence. En tout état de cause, la meilleure solution sera de promouvoir la transformation des matières locales, la diversification économique et l’intégration des économies africaines.


La Guinée s’achemine vers les échéances électorales de 2020 où l’actuel chef de l’Etat pourrait ne pas se présenter. Avez-vous des ambitions nationales ? Sinon comment voyez-vous l’avenir politique de la Guinée ?

Il est indéniable que beaucoup de choses ont changé en Guinée qui vient fêter 60 ans d’indépendance, le 2 octobre dernier. La commémoration de cette date historique a été marquée par une réjouissante appropriation des Guinéens de leur histoire et par leur fierté d’avoir été le premier pays de l’Afrique francophone à avoir la voie à l’indépendance de toutes les colonies d’alors.

Les Guinéens ont aussi fait le bilan de la marche du pays durant les soixante dernières années. Ce qui est plus important, c’est le fait qu’il ait apparu pour tous, la nécessité de se réconcilier assez rapidement pour continuer à mettre en valeur les immenses potentialités de tout genre dont le pays est doté.

Je me dois de rappeler que quand j’ai occupé la fonction de Premier ministre à une époque charnière de la vie de mon pays, cela a exigé de mes proches et moi-même de lourds sacrifices.

J’ai rempli cette lourde responsabilité avec intégrité et abnégation, en ayant à l’esprit que le seul intérêt de mon pays. Les reconnaissances des Nations-unies et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) m’ont été témoignées à cette occasion. Aujourd’hui, je m’associe à tous les Guinéens pour dire que toute bonne initiative est utile pour la construction de la paix sociale et l’amélioration des conditions de vie de notre population. Dans ce contexte, toutes les initiatives sont la bienvenue. Je considère, en particulier, que la fonction de consultant international que j’assume actuellement est de nature à drainer vers le pays de nombreuses opportunités.

Bio-express :

Kabiné Komara est guinéen. Banquier international, il s’engage en faveur de projets humanistes, environnementaux et de développement. Ses études internationales (en France et aux Etats-Unis) lui ont permis d’endosser des responsabilités dans des pays et secteurs variés, comme les mines et la banque.
Reconnu comme faisant partie des cent personnalités qui contribuent au progrès du continent africain, M. Komara a aussi été Premier Ministre. Il a alors évité à la Guinée des soubresauts dévastateurs lors de la période charnière de fin 2008 à début 2010, ce qui lui a valu la reconnaissance de son pays et celle de la communauté internationale.
Durant le mandat de quatre ans à la tête de l’Organisation pour la Mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), M. Komara a hissé cette structure au premier rang des organismes de bassins et a été président du réseau international des organismes de bassin de 2013 à 2014.
Il est aujourd’hui consultant international en matière de stratégies de financement et d’hydro-diplomatie. Il siège au conseil d’administration de plusieurs fondations internationales telles que le Global Fairness Initiative (GFI), la Fondation Brazzaville pour la paix et la conservation de la nature, l’International Action Council et l’Initiative pour l’avenir des grands fleuves (IAGR). Entre autres distinctions, M. Komara a été décoré en tant que «Commandeur de l’ordre du Mérite du Lion», une des plus hautes distinctions sénégalaises par le président Macky Sall en 2017 et est aussi lauréat du Prix «Oscar Meilleur Manager Africain» en 2014 en France.

 

 

 

"Jean-Yves Ollivier : « En Afrique, on peut changer les choses en tant qu'individu »"

'article publié dans la revue  LE POINT
Anthony Loyd

 

 

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© DR

 

ENTRETIEN. Très impliqué dans la recherche d'une solution à la crise libyenne, Jean-Yves Ollivier, président de la Fondation Brazzaville, est un adepte de la diplomatie parallèle, dont il nous explique les tenants et les aboutissants.

PROPOS RECUEILLIS PAR MALICK DIAWARA

 

Pour quelqu'un dont le dessein principal aujourd'hui est de sortir la Libye de la crise qu'elle vit actuellement, la conférence de Palerme est une opportunité de plus pour rétablir la paix dans ce pays. Avec la Fondation Brazzaville qu'il préside, il a d'ailleurs organisé à Dakar, en mai dernier, une première rencontre interlibyenne. L'homme en question s'appelle Jean-Yves Ollivier et a déjà fait parler de lui dans des dossiers sensibles liés à la libération de Mandela, l'apartheid donc, les guerres civiles en Angola et au Soudan du Sud, la libération d'otages au Liban… Autant d'occasions de mettre en œuvre sa pratique favorite : la diplomatie parallèle. À 74 ans, ce négociant en matières premières s'est donc mué en négociateur pour la paix, de quoi mettre au service de la médiation politique tous ses atouts d'homme d'affaires, de brillant homme d'affaires. Voilà donc que, sans mandat officiel, cet ancien proche de Jacques Chirac et de Nelson Mandela, ami d'une dizaine de chefs d'État africains, poursuit son chemin à travers les multiples crises que traverse le continent. Son activité de diplomate parallèle a déjà fait l'objet d'un documentaire, Plot for Peace, produit par l'ONG African Oral History Archive, mais a aussi conduit à la publication en 2014 d'un ouvrage intitulé « Ni vu, ni connu, Ma vie de négociant en politique de Chirac et Foccart à Mandela ». À 74 ans, cet homme d'affaires, né à Alger, qui n'en a toujours pas fini avec la diplomatie parallèle, s'est confié au Point Afrique.

 

Le Point Afrique : Pourquoi avez-vous écrit ce livre ?

Jean-Yves Ollivier : Pourquoi j'ai écrit ce livre, ou pourquoi j'ai accepté aussi de faire un film, parce que je souhaitais expliquer aux gens, ou que les gens comprennent, ce que j'avais fait et ce que j'espérais pouvoir faire. Une fondation a voulu en faire un film et dans le même temps, presque en parallèle, mon livre paraît.

Ce qui est frappant quand on lit les éléments de ce livre, c'est qu'il y a deux mondes : celui qui est visible (ce qu'on aurait vu au-devant de Google) et ce qu'il y a derrière. Pour vous, quand on dit la diplomatie parallèle, qu'est-ce que ça veut dire ?

L'expression diplomatie parallèle est un terme déjà usité. Ce n'est pas une invention, mais on oublie que la définition de « parallèle », ce sont deux lignes qui ne se rencontrent pas, mais qui vont dans le même sens. C'est une procédure d'accompagnement qui a le même objectif, celui de la paix, en particulier dans les pays que je pense avoir fréquentés ou pour lesquels j'ai des clés, c'est-à-dire les pays du continent africain. Même si je n'ai pas seulement travaillé sur ce continent, j'y ai fait beaucoup de choses et l'Afrique a mon cœur. Je ne sais pas si je suis africain, mais j'aime l'Afrique. Et l'Afrique est un continent ou un individu peut agir. Cela n'est pas possible dans les grandes démocraties occidentales ni dans les grands groupes économiquement développés où la capacité pour un individu de changer les choses n'est pas acquise. En Afrique, on peut changer les choses en tant qu'individu. Et c'est pour ça aussi que j'aime l'Afrique. C'est parce que j'ai le sentiment de pouvoir être utile à ce continent.

Qu'est-ce qui vous a le plus frappé, le plus attiré, chez les Africains ?

Je ne vais pas vous dire la nourriture, ce n'est pas ce qui m'a motivé. Je crois que la relation qui peut se créer entre un Africain et une autre personne est absolument unique parce que l'Africain est entier. Il vous fait confiance ou il ne vous fait pas confiance. S'il vous fait confiance, tout est possible. Vous pouvez ouvrir votre cœur, vous pouvez expliquer. Il va adhérer ou pas, mais il y aura avec l'Africain un dialogue franc et direct que l'on ne peut pas avoir avec d'autres personnes issues d'autres nations que je connais bien. C'est peut-être ça qui m'a plu. Dans mon cas, beaucoup de gens ont conforté ma réputation. Du coup, je peux tout de suite créer une relation de confiance et aborder des sujets sensibles en tête à tête. On peut s'exprimer et on peut exprimer sa pensée sans prendre le risque de voir sa pensée dévoilée demain au reste du monde.

Est-ce que ce constat a facilité ou a rendu plus facile la diplomatie parallèle en Afrique ?

Bien sûr. Si on n'aime pas les choses que l'on fait, si on n'aime pas les endroits où on travaille, si on n'aime pas les gens qu'on voit, on ne peut pas réussir. Je suis un affectif, je travaille avec mon affectif, et cela me facilite bien sûr mes contacts africains.

Sur quel élément pouvez-vous nous donner un témoignage frappant dans la diplomatie parallèle telle que vous l'avez vécue en Afrique ?

Je vous donne l'exemple qui est dans mon livre et dans le film d'ailleurs : l'Afrique du Sud blanche est complètement au bord de l'explosion. Les sanctions commencent à s'appliquer sur le plan international. Elle est lâchée par Margaret Thatcher et on respire déjà les prémices de la fin de la guerre froide. Les Blancs d'Afrique du Sud n'avaient pas d'autres soucis que celui de recréer des amitiés avec le monde occidental. Ils ignoraient complètement le continent qui était au-dessus d'eux, qui était l'Afrique. Bien sûr, il y avait les représentations diplomatiques, des relations commerciales de temps en temps, des contacts commerciaux, mais tout ça n'engageait pas l'Afrique. Les Blancs sud-africains étaient condamnés par le monde entier, alors, ils se sont demandé : quel avenir dans une autre Afrique ? Quel est l'avenir que nous voulions bâtir dans une Afrique du Sud où les Noirs prendraient naturellement le pouvoir ? Est-ce que notre devenir dans ce cas-là était d'être tués ou d'être rejetés à la mer ? J'ai vite compris le souci des Blancs sud-africains que je fréquentais après une expérience avec la France qui n'avait pas donné de résultats. Je leur ai dit : Pourquoi n'allez-vous pas voir les Africains et leur expliquer le problème ? En fait, cette communauté blanche ne demandait qu'une chose : être rassurée sur le fait qu'elle pourrait continuer à vivre en Afrique du Sud qui resterait leur pays, même si le gouvernement changeait.

Alors, question : qui pouvait leur donner cette garantie ? Pourquoi pas les Africains qui étaient unanimement contre le régime de l'apartheid perçu comme leur ennemi commun. Et le président Denis Sassou Nguesso paraissait le plus dur dans cette attitude. Marxiste-léniniste, en lien avec le bloc de l'Est, il avait marqué son opposition au régime de l'apartheid en refusant le survol des avions de l'UTA parce qu'ils allaient à Johannesburg. Il avait déjà baptisé toutes les grandes avenues de Brazzaville du nom de héros de la lutte antiapartheid, comme Nelson Mandela. Je suis allé le voir et je lui ai dit que, si l'Afrique s'engage dans un dialogue qui conforte les Blancs sud-africains, avec l'assentiment de l'Afrique entière, qu'ils ont leur place en Afrique du Sud, le dialogue pourra être lancé. Il m'a alors autorisé à revenir 48 heures après avec le Premier ministre sud-africain blanc. Il ne s'était jamais posé à Brazzaville et cela s'est fait dans le plus grand secret, alors qu'il n'avait même pas consulté son parti. À l'époque, il s'était mis en danger de mort physique. Il a cru en ce que je lui ai dit, et ça continue depuis. Voilà un exemple parfait. Ca, c'est l'Afrique. Mais attention de ne pas les décevoir ou à les trahir, parce que si vous en trahissez un, vous les trahissez tous.

Il y a un autre aspect de la diplomatie parallèle, c'est la raison d'État. J'imagine que, dans votre expérience, la raison d'État a pu intervenir de temps en temps dans le cadre de cette diplomatie parallèle. Est-ce que vous pouvez nous en donner un témoignage ?

La raison d'État, d'abord, il faut définir là où elle se trouve. Est-ce que c'est un argument que je dois aborder en face de mon interlocuteur parce que lui a des raisons d'État ou est-ce que c'est moi en tant que Français qui ne peut pas non plus aller au-delà des intérêts de mon pays. C'est un exercice difficile. La raison d'État peut être ignorée à partir du moment où on amène le succès. La raison d'État chez le président Denis Sassou Nguesso, c'était qu'il ne fallait pas de contacts avec les Blancs sud-africains, mais cette raison d'État, il l'a mise de côté à un moment donné pour tenter une voie qui, parce que cette raison d'État existait, allait, elle, créer une crédibilité, créer une valeur qui allait réussir. En ce qui me concerne, la raison d'État, c'est mon pays. Je ne travaillerai jamais contre mon pays auquel je suis très attaché.Sinon, il y a une notion dont tout le monde parle et qui a été galvaudée au fur et à mesure, c'est la Françafrique. La Françafrique, de mon point de vue, est un bon mot, mais c'est devenu assez péjoratif.

Justement dans le cadre de cette Françafrique, s'il y avait quelque chose à enlever aujourd'hui, ce serait quoi ?

D'abord, il faut revenir à l'étymologie du mot, la Françafrique, c'est un mot qui a été inventé par le président Houphouët-Boigny pour illustrer les relations particulières entre l'Afrique et la France. Ce mot a été galvaudé. Il a pu signifier que la France a placé des individus qui intervenaient directement dans la politique franco-africaine d'une façon non officielle. Cette Françafrique est morte, elle n'existe plus. Bien sûr, dans ce que je faisais, j'avais en face de moi des personnes qui appartenaient à cette Françafrique. Pas beaucoup, mais j'en ai connu. Monsieur Foccart, par exemple, avec qui j'étais en contact régulier, de confiance d'ailleurs, était l'émanation parfaite de ce qu'on appelait la Françafrique. Mais la différence entre ceux qui faisaient partie de la Françafrique et moi, c'est que, moi, je n'obéissais pas à monsieur Foccart, je n'étais pas assujetti à monsieur Foccart. Je ne venais pas faire rapport de ce que je faisais à monsieur Foccart, je travaillais de mon côté. Il y avait une communication d'échange, et s'il estimait à un moment donné avoir besoin d'un coup de main, je lui donnais ce coup de main, et parfois c'était moi qui en avais besoin. Je prends un exemple : une motion anticolonialiste va être votée aux Nations unies sur l'affaire de Mayotte, un sujet récurrent où la France est régulièrement condamnée par les Nations unies pour avoir maintenu Mayotte en France. J'ai un appel à 3 heures du matin du président Foccart qui me dit qu'il va y avoir un vote demain sur Mayotte. Il faudrait que des pays non francophones africains puissent voter contre. J'ai pris mon téléphone et j'ai appelé le président Chissano qui est un ami à moi, je lui ai dit : Voilà ce qui va se passer s'il vous plaît, demandez à votre délégation de ne pas voter pour cette motion. Le lendemain matin, Foccart m'appelle et me dit : Bravo, vous avez réussi un miracle, le Mozambique a voté contre. Pourquoi le président Chissano l'a fait ? En votant de cette manière, peut-être que la raison d'État voulait qu'il vote pour cette motion, mais, en votant de cette façon, il créait un climat de confiance avec la France qui en avait besoin à l'époque pour se sortir de ce carcan Est-Ouest, et le résultat est que j'ai convaincu Jacques Chirac de recevoir le président mozambicain Joaquim Chissano, marxiste-léniniste, en visite d'État au moment où il était Premier ministre. Derrière ces choses-là, personne n'a remarqué comment le Mozambique avait voté. Cela n'a pas fait les gros titres du New York Times ou d'Africa International. Voilà un exemple.

Vous avez utilisé le mot « Atlantide » dans votre livre pour qualifier les relations de la Françafrique. Pourquoi ?

Oui, l'Atlantide parce que c'était un concept, une méthodologie qui s'est écroulée. Et qui s'est écroulée, et c'est ça le paradoxe, du fait de ceux qui l'avaient créée, en l'occurrence, le mouvement gaulliste dont Jacques Chirac était l'héritier en prenant monsieur Foccart comme conseiller Afrique, très attaché qu'il était à cette région. Et là où la France m'a complètement fait rire, c'est lorsque le Premier ministre Balladur nomme comme ministre de la Coopération Michel Roussin. Celui-ci a complètement transformé son ministère de la Coopération, en fait le ministère de l'Afrique, en interdisant tout contact avec ceux qui représentaient la Françafrique.

Est-ce que vous avez l'impression qu'à cette époque-là on avait vraiment besoin d'une diplomatie parallèle et qu'est-ce que vous pensez de la diplomatie parallèle dans le contexte actuel des relations entre la France et les pays africains ?

Tout dépend de ce qu'on met dans la diplomatie parallèle. Si, pour des raisons spécifiques, pour des raisons bien déterminées qui permettent d'ouvrir un dialogue basé non pas sur la pensée générale, mais sur les réflexions humaines, l'essentiel est d'aller vers le noyau dur, la question principale est quel est l'élément qui va déclencher le conflit. Je prends un autre exemple : lorsque j'organise la réunion de Brazzaville pour ce qu'on a appelé plus tard les accords de Brazzaville officiellement, c'était une réunion quadripartite avec pour ambition l'indépendance de la Namibie, le départ des troupes cubaines, le départ des troupes sud-africaines de Namibie et d'Angola. Je saisis cette opportunité où j'ai, dans la même ville, les Cubains, les Américains, les Angolais et les Sud-africains pour amener d'une façon non officielle des observateurs russes, des Portugais et de nombreux pays africains, du Cameroun, de la Côte d'Ivoire et du Mozambique.

Lorsque se terminait la réunion, devant les caméras, tout ce monde-là négociait avec l'Afrique du Sud une seule chose : la reconnaissance de l'ANC par le gouvernement blanc sud-africain. En sachant que cette seule phrase, cette seule acceptation, allait entraîner le système à dialoguer, à libérer Mandela. D'ailleurs, ne nous trompons pas entre Brazzaville et la libération de Mandela, il se passe treize mois, c'est peu, seulement treize mois. Et surtout, durant ces treize mois, il y a eu un référendum en Namibie, un référendum en Afrique du Sud chez les Blancs, il y a eu le remplacement du vieux crocodile Botha par De Klerk, et il y a eu la libération de Mandela. Il suffisait d'ouvrir la porte.

Les Sud-Africains ont reconnu l'ANC et, quelques mois plus tard, ont libéré Mandela. Donc, c'est là où la diplomatie parallèle peut jouer son rôle. Ce genre de réunion ne peut pas être créée par les institutions. Pourquoi ? Qu'il s'agisse des services ou des institutions diplomatiques, ils sont tenus par une pensée unique. Ils ne peuvent exprimer que ce que leur État les autorise à exprimer. Ils ne peuvent pas faire de marchandage. Ce langage n'est pas possible dans la négociation officielle. En plus, la confidentialité dans une délégation officielle n'existe pas. Chaque réunion va donner lieu à un compte rendu qui va être diffusé aux chancelleries et aux alliés.

Monsieur Arafat ne va pas dire à un négociateur le fond de sa pensée. S'il l'avait dit avant qu'il existait un point sur lequel il ne lâcherait pas, à savoir Jérusalem, Camp David n'aurait jamais eu lieu. C'est sur ce point précis que les blocages ont eu lieu, alors que tout devait rouler. Moi, j'aurais essayé de résoudre le problème de Jérusalem avant Camp David.

Finalement, dans ce que vous expliquez, on a toujours besoin de la diplomatie parallèle pour avancer…

Parce que c'est un besoin. Il y a beaucoup de paix qui s'obtient par des accords, mais le système onusien qui, aujourd'hui, semble prévaloir dans la solution des conflits, désigne toujours un coupable. Il y a un vote contre ou pour. Comment pouvez-vous prétendre aller négocier si vous avez déjà désigné le coupable, vous ne pouvez pas parler avec lui puisque, dès le départ, vous l'avez déjà désigné comme coupable. Moi, je n'aime pas les coupables, personne n'est coupable. On n'est pas là pour régler le passé. Le passé, c'est le passé. Moi, je regarde comment on peut, ensemble, définir l'avenir et s'engager vers un autre avenir qui soit un avenir de paix et de développement. Donc, cette diplomatie ne peut pas être menée par des grandes institutions, même si on a besoin d'elles. Loin de moi l'idée de dire qu'elles sont inutiles. Au contraire, pour moi, elles ont priorité, moi, je viens en accompagnement.

Est-ce que vous pensez que, dans ce cadre-là, il est possible de passer par la diplomatie parallèle pour essayer de remettre les choses en place ?

Dans le monde d'aujourd'hui, l'Afrique est quelque part la victime collatérale d'un conflit qui ne la concerne pas. C'est le devenir du monde arabe, le devenir politique du monde arabe qui est en jeu. En gros, deux axes sont développés dans le monde arabe : un qui pense que seules les monarchies et les dictatures monétaires sont capables de diriger le monde arabe, et puis il y a un autre monde islamiste, mais pas extrémiste, qui pense que le monde arabe peut être développé par un système démocratique et, au contraire, que les dictatures militaires doivent être éliminées. Ces deux axes sont en conflit, mais, dans cette lutte qui ne nous concerne pas, il y a une quête d'alliés. Regardez le conflit entre le Qatar et l'Arabie saoudite et ses débordements en Afrique. Donc, vous voyez bien que l'Afrique a un rôle à jouer, et chacun veut l'entraîner dans son sillage. On l'a vu avec les ruptures de relations diplomatiques avec le Qatar. Ainsi, les mouvements terroristes en Afrique trouvent leurs sources d'inspiration dans les mouvements terroristes arabes et musulmans. C'est la même guerre, et, aujourd'hui, l'Afrique en est malheureusement également victime.

Quelle est la leçon, ou les leçons, que vous retenez de votre parcours au travers de ce que vous observez de la diplomatie parallèle appliquée à l'Afrique ?

D'abord, il y a une tradition de la diplomatie parallèle. Au Nigeria, il y a toujours, à un moment donné, des gens qui transgressent les interdictions et qui vont parler avec d'autres, je n'ai pas inventé cette diplomatie parallèle. Je pense qu'il y a des cas où les choses auraient tout de même avancé. Je pense à l'Afrique du Sud qui serait de toutes les manières devenue noire, quoi qu'on fasse. Mais mon intervention a permis à un moment donné de raccourcir les délais et surtout de protéger celui qui va perdre. Moi, ce qui m'intéresse, c'est celui qui va perdre, il n'y a pas de paix si la victoire de l'un est la destruction de l'autre. Cette paix, elle, n'est jamais confortée. Et toutes ces victoires qui font qu'une partie l'emporte sur l'autre font que les germes de la guerre civile restent toujours en place. Moi, j'essaie que la victoire soit une victoire des deux et que ce soit le pays et le futur qui en bénéficient.

Quel regard Mandela portait-il sur ça justement ?

Dans les conversations que j'ai eues avec le président Mandela en tête à tête, son souci premier était la paix. J'ai beaucoup intéressé le président Mandela parce que, justement, mes conversations avec lui portaient sur des choses qui ne concernaient pas l'Afrique du Sud. Le président Mandela a négocié avec les Palestiniens, avec l'Irlande du Nord, avec les Tamouls, tout ce qui était conflit l'intéressait particulièrement. Et il essayait de mettre son impact dans la résolution des conflits, c'est quelque chose qui le concernait peut-être un peu plus que l'économie de son pays. C'est pour ça, entre autres, que j'ai demandé à son négociateur, Mathews Phosa, de rejoindre ma fondation parce qu'il a acquis dans ses années aux côtés de Mandela une expérience extraordinaire de la diplomatie que Mandela mettait en place. Mandela était très concerné par la paix. D'ailleurs, il est même intervenu pour que la guerre n'ait pas lieu en Irak.

Autant dire finalement que la diplomatie parallèle, c'est finalement la diplomatie pour la paix ?

Elle ne peut être que ça. Si c'est une diplomatie pour la guerre, elle n'est pas la mienne. Disons que la diplomatie parallèle va vers l'établissement d'un dialogue sans condition préalable pour mieux comprendre ce qui se passe entre deux parties pour justement éviter la pensée unique et aller jusqu'au cœur du conflit et essayer de voir si on ne peut pas le résoudre. Je dis souvent que je ne m'intéresserai pas au conflit israélo-palestinien parce que c'est trop compliqué. Si, par le coup d'une baguette magique, on pouvait résoudre trois problèmes, la paix s'installerait dans le Moyen-Orient. Il s'agit du sort de Jérusalem, du retour des réfugiés et du démantèlement des colonies. Si ces trois problèmes disparaissaient demain, rien n'empêcherait tous les pays du Moyen-Orient de pouvoir accepter Israël et pouvoir vivre avec Israël.

Quel est le regard que vous portez sur l'Afrique d'aujourd'hui par rapport à l'Afrique que vous connaissiez avant ?

D'abord, l'Afrique, c'est comme une belle femme quand elle se sent sollicitée. Quand elle voit arriver les Qataris, les Saoudiens, etc., elle se fait un peu coquette et regarde ça avec intérêt. Il n'y a pas de doute qu'elle progresse en nombre d'habitants, elle dispose des seules réserves de terres arables, des réserves minières, pétrolières, et la capacité des hommes à travailler. Si l'Afrique mettait un peu d'ordre chez elle et si les dirigeants étaient moins intéressés par le pouvoir et plus par leurs populations, je pense que l'Afrique pourrait faire des bonds extraordinaires, même si je pense qu'il faut quand même l'accompagner.

Comment ?

D'abord, il faut s'y intéresser, l'écouter. Il faut essayer de lui apporter des solutions, et non pas des problèmes. Regardez le problème de l'immigration, par exemple, qui est un problème qui touche nos pays et l'Afrique. Qu'est-ce qui se passe ? Vous avez de grandes institutions, la communauté européenne, les Nations unies, qui essaient de gérer les problèmes de l'immigration, mais elles la gèrent pays par pays, petit projet par petit projet, hors de l'Afrique. Ce que ma Fondation a essayé de faire, c'est de faire une conférence entre pays du Sahel. Je pense qu'on peut faire comme cela : l'Afrique dit : Voilà ce qu'on peut faire et voilà ce qu'on demande. Ensemble, nous allons présenter tout cela en bloc. Ce qui m'intéresse énormément, c'est qu'un des moyens de bloquer ou de réduire l'immigration économique, c'est de créer des zones qui vont se développer entre les pays du Sahel et l'Europe.

La Libye est en conflit actuellement, Kadhafi avait un plan pour développer le sud de la Libye. Il voulait créer des zones agricoles et industrielles immenses, et il en avait les moyens, mais la révolution de 2011 a mis un coup d'arrêt à ce projet. Cette zone éponge qui devrait pouvoir accueillir des travailleurs ne pourra être mise en place que si tous les pays qui vont en profiter, même s'ils ne sont pas en contact avec cette zone, se mettent d'accord.

En quoi consiste la Fondation Brazzaville ?

Son nom complet, c'est la Fondation pour la paix et la conservation de l'environnement. Dans la démarche que j'avais, il fallait que j'institutionnalise mon action. J'ai donc décidé de créer une fondation. Je l'ai installée en Angleterre où je bénéficie d'un patronage royal et j'ai réuni dans cette fondation d'éminentes personnalités qui ont toutes eu affaire avec la résolution des conflits, et ce sont de grands noms. Cette fondation essaie de lier les problèmes relatifs à l'environnement à la paix parce que la paix amène une meilleure approche de l'environnement. Il n'y a rien de pire pour détruire l'environnement qu'une guerre civile. Tout est détruit. Je me rappelle que, lorsque j'ai traversé les zones rebelles du Mozambique, il n'y avait plus une biche, il n'y avait pas un seul animal ; tout avait été détruit, et dans cela, on s'est attaqué à trois sujets, le quatrième sera la conférence sur l'immigration. Et aussi la possibilité de mettre en place des zones de développement et d'environnement qui vont absorber une grande quantité de migrants.

Parallèlement, j'ai réussi, avec 17 pays africains, à mettre en place un fonds bleu qui va entrer dans sa période active sur les rives du bassin du Congo. Tous ces pays se sont mis d'accord pour qu'on s'occupe de plus près aux populations installées dans ce deuxième poumon écologique du monde. Et on a réussi. Je m'attaque aujourd'hui à un deuxième sujet : il existe de chaque côté de la frontière du Gabon et du Congo des parcs. Je suis allé voir les deux présidents en proposant qu'on fasse un seul parc. Les deux m'ont donné leur accord. J'espère que ça sera bientôt signé. Et le dernier sujet est celui des faux médicaments : une plaie inimaginable pour l'Afrique. Le travail de la fondation va être d'éveiller le monde à ce problème que beaucoup de gens ont intérêt à étouffer, même les laboratoires. Indépendamment de ça, la fondation s'intéresse bien sûr au problème libyen pour lequel beaucoup d'acteurs internationaux s'activent.

 

* Plot for Peace 

"Some people may want to kill me because I’m disrupting their plans – conflict negotiator"

INTERVIEW  publiée par  RT
Sophie Shevardnadze

 

 

 

 

Suivre l'interview en anglais : When we hear about a peace accord ending this or that conflict, we see officials under the spotlight signing deals and shaking hands – but what kind of gritty work goes on behind the scenes to bring that moment about? We talked to Jean-Yves Ollivier, chair of the Brazzaville Foundation and expert in parallel diplomacy whose work in the shadows has helped end wars and save lives.

 

"Des personnalités libyennes se rencontrent à Dakar pour un nouvel effort de paix"

Traduction libre de l'article publié dans la revue  The Times
Anthony Loyd

 

 

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MAHMUD TURKIA/AFP/GETTY IMAGES

 

  

Des commandants de milices, des chefs de tribus ainsi que de nombreux leaders politiques entendent se réunir ces six prochaines semaines et redonner un souffle au processus de paix enclenché en Libye.

Cette initiative indépendante, qui se déroulera dans la capitale sénégalaise Dakar, représente la dernière étape en vue de permettre au peuple libyen de prendre en main la feuille de route pour la paix du pays et ne plus laisser les Nations Unies ou aux les gouvernements européens décider à leur place.

“ Seuls les libyens eux-même peuvent résoudre leurs problèmes” explique Jean-Yves Ollivier, 73 ans, Président français de la Fondation Brazzaville. Une organisation qui se distingue par ses initiatives pour la paix dont la dernière en date est le forum à Dakar. “ Ce n’est pas à moi de dire ce qu’il faut faire. Je ne cherche pas à diminuer les efforts des uns ou des autres. J’agis ici en tant que facilitateur afin de permettre aux libyens de tout horizon de se rencon-trer et de décider ensemble de la meilleure solution pour leur future. Nous ne pouvons plus continuer à dicter, à travers ce spectre occidental, quel système serait le plus approprié pour la Libye.”

Les efforts internationaux pour mettre fin à une guerre de sept ans peinent à avancer. Les recents affrontements dans la capitale, Tripoli, où des milices rivales ont mis fin à une trêve fragile qui avait été négociée par les Nations Unies il y a trois semaines, cristallisent davantage la situation. 70 personnes y ont d’ailleurs trouvé la mort et 1800 individus ont été forcés d’abandonner leur maison et de trouver refuge aux quatre coins du pays.

Le pouvoir est partagé dans ce pays brisé entre les mains de deux entités principales. D’une part, le gouvernement d’entente nationale (GNA) - dont le siège est à Tripoli - est encouragé par les Nations Unies mais s’appuie essentiellement, pour assurer sa sécurité, sur des milices dont certaines restent affiliées à des mouvances islamistes. D’autre part, à l’est du pays, l’armée nationale libyenne tient tête. Elle est dirigée par le général Khalifa Haftar, anti-islamiste.

L’Europe demeure, elle aussi, divisée sur les prochaines étapes. Le Président Emmanuel Macron a tenté de mettre fin au cycle de violence en organisant une conférence à Paris en mai dernier. Le Général Haftar ainsi que Fayez el Sarraj, le Président du Gouvernement d’unité nationale, s’y étaient alors engagés, avec d’autres fractions présentes, à travailler avec l’ONU en vue d’organiser des élections législatives et présidentielles avant décembre.

Néanmoins, l’ONU a refusé jusqu’à présent de soutenir le plan français qui a été critiqué pour avoir notamment exclu, lors de la conférence de Paris, des représentants de villes libyennes clés à l’instar de Misrata ou de Zintan ainsi que des partisans de Kadhafi.

L’Italie, qui a tissé par son passé colonial en Libye des liens étroits avec le pays, a annoncé qu’elle organiserait également une initiative fin novembre. Rome a d’ailleurs insisté sur le fait que la détérioration de la situation sécuritaire complique le bon déroulé des élections dans les délais annoncés, comme l’aurait souhaité le plan français.

De nombreux observateurs voient en la position de ces deux pays européens le dessin de deux camps cultivant chacun leurs propres intérêts face à un pays qui a perdu tout contrôle depuis 2011 ; date à laquelle l’Otan avait appuyé la révolte qui avait mise à bat le Colonel Kadhafi.

En l’absence d’un plan international cohérent pour le futur de la Libye, le processus de paix enclenché à Dakar, bien qu’indépendant, pourrait bien raviver une petite flemme d’espoir. La Fondation Brazzaville est engagée dans les efforts de paix depuis l’année dernière. Elle avait d’ailleurs organisé une rencontre majeure à Istanbul entre le leader Kadhafiste en exile, Bashir Saleh, et Abdel-Hakim Belhaj, l’ancien chef du groupe armé islamiste libyen qui s’était battu pour renverser le dictateur.

Les deux opposants s’étaient entendus sur la nécessité d’une réconciliation en vue de mettre un terme définitif à ces sept ans de guerre civile dans un pays dont le territoire est aujourd’hui convoitée par DAESH, qui entend y établir ses bases sur les bords de la Méditerranée, et qui joue tragiquement un rôle central dans la crise migratoire.

Leur rendez-vous s’était suivi par la tenue d’une table de discussions organisée par M. Ollivier en mai dernier de cette année où il avait pu y élargir le dialogue. A la suite de cette rencontre, un protocole co-signé par l’ensemble des parties présentes affirmait la nécessité pour la Libye de garantir son unité territoriale et institutionnelle, un referendum sur un projet de constitution et la remise en liberté des prisonniers politiques, comme éléments clés pour la ré-conciliation nationale.

Dakar 2 est prévu pour la première semaine de novembre, quelques semaines avant la tenue de la conférence organisée par les italiens.  Entre 80 et 100 personnalités libyennes sont attendues, dont notamment des représentants des principaux partis politiques et des milices en présence mais aussi des partisans de Kadhafi et leurs opposants.

“ Face à la recrudescence des violences, la plupart des libyens voient dans Dakar une étape logique à ce stade. ” affirme M. Ollivier. Il se dit optimiste. “ Laissons les libyens décider eux-même de leur avenir. Nous ne pouvons, en ce sens, que leur fournir une plateforme afin de leur permettre de s’entendre. Ils sont déjà tous d’accord sur une Libye nouvelle avec à sa tête un gouvernement civil, une armée, un système judiciaire indépendant et l’organisation d’élections transparentes. A moins d’un cataclysme, je pense sincèrement que la Fondation peut leur offrir un terrain d’entente en vue de les aider à réaliser ce qu’ils souhaitent.”

 

 

Lire l'article en anglais dans le Times 

 

 

"Can Libya’s warring factions ever be reconciled?"

ARTICLE  published by The Times

 

methode-times-prod-web-bin-b42165c8-b68d-11e8-9605-b6ff09b482a1.jpgJOHN MOORE/GETTY

 

When gunmen stormed the headquarters of Libya’s National Oil Corporation on Monday, working out who the culprits were could have been a whodunnit detective story.

Such is the chaotic state of the country that there are any number of suspects. In a separate incident this month, Tripoli was torn apart by fighting, with three militias, two notionally loyal to what passes for a government, attacked by a third from the south. Scores were killed.

The “Government of National Accord” or GNA has a separate enemy which runs the east of the country, the anti-Islamist General Khalifa Haftar and his “Libyan National Army”. The two sides have agreed a ceasefire but have been arguing all year over who benefits from the oil corporation’s revenue.

Then there are a variety of al-Qaeda offshoots, particularly in Libya’s lawless desert south, which could have wanted to make a statement by attacking the oil company’s headquarters in Tripoli this week.

In the end, the classic Islamic State modus operandi — a small number of gunmen trying to cause maximum damage before being killed, with no attempt to escape — was too clear to miss. And last night the group did indeed claim responsibility.

It is hardly a surprise that Isis should be active in a country as weak and divided as Libya, even though an attempt to build its own regional wilayat there — a province of the Raqqa-based caliphate of Abu Bakr al-Baghdadi — was defeated with American air support.

What is more of a surprise is the absence of any believable plan by the outside world to put the country back together again, given the role outsiders played in removing the government of Colonel Gaddafi seven years ago.

There is a formal solution, involving United Nations backing for the GNA, followed by parliamentary and presidential elections, to which both it and General Haftar have signed up. But few of the western and Gulf powers involved in Libya believe either that the GNA is a real government or that the elections have much chance of working.

Separately, a charity called the Brazzaville Foundation, headed by an experienced peace negotiator called Jean Yves Ollivier, is hosting a second round of peace talks with a view to allowing Libyans to come up with their own plan given the absence of credible foreign commitment.

But western and Gulf leaders can’t even agree among themselves. For the Gulf monarchies, Libya is just another of the stages on which they can take out their grievances with each other, and their dispute over the role of Islam in politics, with the United Arab Emirates backing one side — General Haftar — and Qatar supporting Tripoli.

 

Read the full article on their website

 

Forbes : rencontre avec notre Président Jean-Yves Ollivier 

article publiée par Mfonobong Nsehe - Forbes


Le Magasine spécialisé Forbes s'est entretenu avec Jean-Yves Ollivier sur ses efforts dans le processus de paix en Libye. 

L'interview publiée en anglais : 

 

Meet Jean Yves Ollivier, The French Entrepreneur Working Hard To Bring Peace To Libya

 

French entrepreneur and philanthropist Jean Yves Ollivier is the founder of the Brazzaville Foundation, an organization that seeks to facilitate dialogue and achieve a better understanding between conflicting parties wherever informal diplomacy, bridge-building and discreet, pragmatic engagement offer an alternative way forward. He was a key profile depicted within the globally acclaimed 'Plot for Peace' documentary, and has a lot of experience in facilitating international agreements with both private and public actors.

I recently caught up with Jean Yves Ollivier and he spoke about his Foundation's latest mission to bring about lasting change in Libya.


What does your Foundation hope to accomplish to bring about Libyan reconciliation?


Libya is a magnificent nation, blessed by location, rich in history, abundant with resources and capable of charting a new pathway towards lasting prosperity. But the fact that it has proved so difficult to resolve the crisis in Libya shows that the building blocks for achieving political settlement are still not in place.


Our aim is to help break down the barriers of mistrust which currently divide Libyans and which continue to be the biggest obstacles to peace and reconciliation. We want to bring all sides to the table and establish a dialogue which enables different voices to be heard. These are not negotiating meetings, but we hope they will create a process of rapprochement and foster a shared vision of Libya’s future which will underpin negotiations on an eventual political settlement. They are thus complimentary to, and supportive of, the efforts of the UN, the African Union and others to bring peace and stability to the country.


What were the challenges involved in hosting these talks in Dakar?


The divisions in Libya run deep. They existed before 2011 and the overthrow of Qadhafi and have grown deeper since. Convincing Libyans who are so divided to sit down together in Dakar and, once there, to agree not to dwell on the past but to look to the future and try to find common ground has been a huge challenge. But the success of Dakar 1, and the willingness to hold Dakar 2, has shown that it can be done.


Despite their doubts and misgivings, we persuaded Libyans from across the political spectrum, including long-standing opponents, to meet in Dakar, many for the first time, and to talk freely to each other without intermediaries or outside interference. They have continued to do so since. This dialogue is the start of a journey towards the reinvigoration of true nationhood.


I would particularly like to thank President Macky Sall of Senegal for his help and support in organizing the meeting in Dakar and to the Foundation’s Honorary Member, Moustapha Niasse, Chairman of the National Assembly of Senegal, who agreed to act as Facilitator.


What were your motivations in launching the Brazzaville Foundation and how is the Foundation and its interventions unique?


We are an independent, non-profit organization dedicated to peace, prosperity and conservation. The Foundation's name was inspired by the 1988 Brazzaville Agreement which led to a peaceful resolution of conflicts in southern Africa and paved the way for the ending of Apartheid. At the time, I had a behind-the-scenes role in getting some of the key players to agree to meet in Brazzaville.

One of my aims in setting up the Brazzaville Foundation was to promote peace and reconciliation through independent, impartial and discreet efforts to build dialogue and understanding because my own experience, and that of many of our very distinguished Board of Advisers, has shown that such efforts are vital in achieving peaceful solutions to potential conflicts in Africa and further afield. The Foundation acts as an honest broker, helping protagonists to find ways to talk to each other and arrive at common ground for a peaceful future.

In addition to our dialogue-building and conflict prevention work, the Foundation’s goal is to meet some of the key challenges facing the African continent by developing economic, environmental and conservation driven initiatives that support the UN’s sustainable development goals (SDGs) and bring countries and peoples together in peaceful cooperation.

The Foundation’s proposal to establish a Congo Basin Blue Fund, which was launched at the COP 22 climate change summit in Marrakesh in 2016, now has the support of all of the countries of the Congo Basin and is endorsed by the African Union. This is a major sustainable development initiative designed to reduce pressure to exploit the forests of the Congo Basin and thus reduce the impact of global warming by promoting alternative economic development using the resources of the Congo River and its tributaries.

We have also partnered with the NGO 'Stop Ivory' to promote the Elephant Protection Initiative (EPI). This initiative, launched by Botswana, Chad, Ethiopia, Gabon and Tanzania, brings together African states, intergovernmental organizations, the NGO community and the private sector to protect African elephants by putting an end to the illegal ivory trade.

The Foundation is also currently exploring the possibility of a major cross-border conservation project in Central Africa.
We aim to practice what we preach and not merely sit on the sidelines of history.

What can the public and private sectors do, if anything, to get involved?

There are many issues today – economic, social, environmental and increasingly political – whose complexities require new models of cooperation that can forge partnerships between states, civil society, including NGOs, and the private sector in order to find the right solutions. We are keen to encourage these new models of cooperation. One example is the Congo Basin Blue Fund, an idea first proposed by the Foundation, but whose success will depend on the public and private sectors working together to supply the necessary finance and identify and implement suitable projects.


Another example is the fight against the growing traffic in substandard and falsified medicines. This is problem which is particularly acute in Africa where the WHO has reported that between 30 - 60% of pharmaceuticals are substandard or fake. The Foundation has been working with the Harvard Global Health Institute to highlight this problem and we recently organized a conference which brought together academics, researchers and representatives from the WHO, governments, NGOs and the pharmaceutical industry to examine how best to tackle this dangerous and often deadly scenario.


Where do you envision the Brazzaville Foundation in future and what do you see as the end result to the Dakar 1 and Dakar 2 Talks?

The Brazzaville Foundation has organized and supported these talks out of the conviction that only by agreeing to talk to each other can Libyans rebuild trust, reconcile their differences and thus ensure a peaceful and prosperous future. If we can create a dialogue and a shared vision that underpins and facilitates successful negotiations on a political settlement then we will have achieved our goal.

The Foundation continues to set for itself an ambitious agenda but I believe that we can make a real contribution to helping Africa meet some of the many challenges it faces and help it to achieve a more peaceful and prosperous tomorrow.

 

 Crise en Libye: Les pistes d'une réconcialiation adoptées à Dakar 

 

 

 Article  publiee dans AFRIQUE CONFIDENTIELLE

  

 

 

Un homme libyen crie des slogans contre les milices basées à Tripoli, en Libye, en 2013. © Manu Brabo/AP/SIPA

 

Pour sortir de la crise libyenne qui secoue le pays depuis la chute de Kadhafi en 2011, une vingtaine de dirigeants libyens ont conclu le 11 mai à Dakar, après trois jours de réflexion, un accord remettant les cartes de la paix aux Libyens.

Ils sont 21 et comptent parmi les figures les plus influentes et les plus représentatives de toutes les tendances politiques et sociales qui prévalent en Libye. Parmi eux des « Septembre », du nom donné à ceux qui se revendiquent de la révolution menée par Mouammar Kadhafi en septembre 1969, et des « Février », portés par le Printemps arabe en 2011, comme les anciens ministres Ajmi al-Atiri et Khalifa El Ghouil. Avec eux aussi, Abdelhakim Belhaj, ex-chef jihadiste devenu un homme politique en vue. À l’initiative de la Fondation de Brazzaville présidée par Jean-Yves Ollivier, ils se sont retrouvés à Dakar le vendredi 11 mai pour trois jours de réflexion sur les conditions de restauration de la paix dans leur pays.


>>> A LIRE – À l’origine du mal libyen


Les participants de cette rencontre, qui ont discuté de l’avenir de ce territoire déchiré par un conflit interne depuis la chute de Khadafi en 2011, se sont déclarés favorables à une initiative qui ne leur est pas imposée par les Occidentaux. « Elle a lieu à Dakar, en Afrique ; nous nous sentons en confiance sans nous demander quelles sont les intentions de ceux qui nous viennent en aide », se sont accordés à dire les protagonistes que tout devrait séparer.

À vous de jouer, c’est votre partie », a répliqué Jean-Yves Ollivier

Le président sénégalais Macky Sall a d’ailleurs accueilli favorablement la proposition, élaborée par la Fondation Brazzaville, de remettre les cartes de la paix en mains propres aux Libyens à l’occasion d’assises à Dakar.

Une réconciliation inter-libyenne

Il a donné le coup d’envoi des discussions qui ont été suivies parMoustapha Niasse, membre d’honneur de la Fondation Brazzaville et président de l’Assemblée Nationale sénégalaise. Il n’a pas été question d’ingérence mais du traitement du conflit libyen comme une question libyo-libyenne. « À vous de jouer, c’est votre partie », a répliqué Jean-Yves Ollivier quand un participant lui a suggéré de renforcer l’appui apporté par la fondation qui, sans être médiatrice, offre un cadre et des conditions pour que tous les intervenants puissent discuter, tenter de se rapprocher avec pour objectif de trouver un terrain d’entente.

Les questions du passé, les vieilles rancœurs et les règlements de compte attendrons », a précisé Jean-Yves Ollivier

« Il s’agit de débroussailler des pistes pour une réconciliation. Les questions du passé, les vieilles rancœurs et les règlements de compte attendrons », a précisé Jean-Yves Ollivier, tandis que Oussema Saïd, représentant de la société civile libyenne, estimait qu’il est nécessaire de comprendre les divergences et le pourquoi de cette rencontre après sept ans de conflit.

« La force du dialogue est supérieure à toutes les autres forces », a rappelé Macky Sall. Dès la première journée, les participants, représentatifs d’un large éventail de courants politiques en Libye, qui refusaient, il y a encore quelques mois, de s’adresser la parole, ont effectué ensemble la prière du vendredi avant de s’organiser et préparer leur ordre du jour de manière démocratique : 10 minutes de temps de parole chacun pour sérier les priorités.

Seul bémol à cette initiative, qui semble bien partie, le refus des représentants du maréchal Khalifa Haftar qui, bien que présents à Dakar, ont refusé de participer à la rencontre, tandis que Béchir Saleh Béchir, chef de file des « Septembre » et ex-trésorier de Kadhafi, apportait son soutien à cette rencontre par un message.

 

 

Dialogue inter-libyen : succès diplomatique à dakar

 Article  publiee dans AFRIQUE CONFIDENTIELLE

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Photo de famille du Dialogue interlibyen Dakar 1 en présence de Macky Sall, de Moustapha Niasse de Sidiki Kaba et de Jean-Yves Ollivier 

 

Après trois jours d’intenses débats, les protagonistes du dialogue inter-libyen, représentant toutes les contrées et toutes les couches sociales du pays, ont adopté, à l’unanimité, la déclaration finale de Dakar.

Cette rencontre organisée, en terre sénégalaise, sous les auspices de la Fondation Brazzaville et du gouvernement du Sénégal, a été présidée par le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, choisi par le chef de l’État du Sénégal, Macky Sall.

Le ministre des Affaires étrangères et des sénégalais de l’extérieur, Sidiki Kaba est resté aux côtés du président Niasse pendant toute la durée des débats. Et a prononcé le discours de clôture. Il a fallu tout le doigté, l’expérience diplomatique et la sagesse du président Niasse pour accompagner les hôtes libyens dans un dialogue exigeant qui a fini par accoucher, difficilement, d’un consensus.

Il est vrai que certains des interlocuteurs se retrouvaient dans la capitale sénégalaise avec des idées très éloignées les unes des autres que seul l’art diplomatique peut rapprocher.
La déclaration de Dakar a mis en exergue le rôle de l’union africaine, tout en demandant que les présidents Denis Sassou Nguesso, médiateur de l’institution continentale pour la Libye et Macky Sall, hôte de la rencontre qui va rester dans les annales sous la dénomination de « Dakar 1 », continuent d’agir pour le renforcer. Pour mieux sensibiliser sur la situation du pays, sur le plan international, pour que la paix et l’unité se ré-enracinent en Libye.

Les participants s’engagent pour l’État de droit, la démocratie et le respect des libertés individuelles deviennent la norme, dans une Libye réunifiée et fraternelle.
Ils ont manifesté leur accord en ce qui concerne la loi d’amnistie et se prononcent pour l’élargissement des prisonniers politiques pour promouvoir la réconciliation nationale.

Tous les participants ont exprimé leur volonté de tourner la page de l’incompréhension et de la confrontation afin que le dialogue fécond soit privilégié entre frères et citoyens du même pays.

Ils ont chaleureusement félicité le président Macky Sall qui leur a fait l’honneur de venir les rencontrer et de prononcer le discours d’ouverture de leur rencontre. Ils ont aussi remercié le ministre Sidiki Kaba pour sa présence et ses mots de réconfort, d’encouragement et d’amitié fraternelle.

Ceci est mis en évidence dans une « motion de remerciements » adressée au chef de l’État du Sénégal, son Excellence Macky Sall. Ce dernier a téléphoné au président Niasse pour transmettre à ses hôtes libyens un message pour leur exprimer sa fierté pour le travail accompli. Il a remercié Allah, le Miséricordieux, l’Omniscient pour le consensus trouvé et la convergence qui a fini par triompher. « Seul Dieu a la Vérité ».

Il a salué les efforts consentis pour faire de la rencontre de Dakar un véritable succès diplomatique. L’espoir est donc permis et le Sénégal reste les bras ouverts pour accueillir, à chaque fois que nécessaire, ses frères libyens.

Les présidents Moustapha Niasse et Jean Yves Ollivier se sont inscrits dans cet élan de générosité et de fraternité panafricaine pour magnifier le dévouement patriotique des participants et leur lucidité. C’est ce qui a permis le triomphe de la rencontre de Dakar qui pouvait paraître une gageure.

Mais c’est le savoir-faire et la sincérité des hôtes sénégalais qui ont, aussi pesé dans la balance et touché le cœur des citoyens libyens. Ce qui s’est passé à Dakar, comme l’a dit le ministre Sidiki Kaba dans son allocution « est historique ».

« Dakar 1 » est une étape majeure dans la construction de la paix en Libye. D’autres sommets vont, certainement, suivre et vont consolider les acquis. Ceux qui étaient hésitants voire réticents vont venir, prendre place à la table du dialogue, dans un pays réputé pour cela.

À l’évidence le Sénégal est « une puissance diplomatique », engagée dans le maintien de la paix universelle, se classant 7ème au niveau mondial, parmi les pays contributeurs de soldats dans les forces onusiennes déployées sur de nombreux continents, et notamment en Afrique.

Le Sénégal assume une vocation et un devoir fraternel. Il est fier d’être premier de cordée en Afrique.

 

 

 Macky Sall accueille le dialogue politique inter-libyen pourparlers sans intermédiaire ouverts à Dakar

 Article  publiee dans AFRIQUE CONFIDENTIELLE

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Les pourparlers inter Libyens se sont ouvertes vendredi au Centre de conférences internationales Abdou Diouf à Diamniadio, en présence de Macky Sall et de Moustapha Niasse.

 

Le président Macky Sall a ouvert officiellement hier les discussions entre les protagonistes de la crise libyenne dans la ville nouvelle de Diamniadio.

Il a chaleureusement souhaité la bienvenue à ses hôtes et leur a rappelé qu’ils étaient chez eux au Sénégal, une terre africaine fraternelle. Il a mis l’accent sur le caractère exceptionnel de ses retrouvailles libres et ouvertes dont le seul but est de favoriser un dialogue direct, franc, inclusif et sincère entre citoyens libyens que l’histoire récente a éprouvés.

La présence remarquable de tous les « courants » à savoir les « pro-kadhafi » ou « groupe de septembre » et ceux qui s’opposent à eux « groupe de février », mais aussi les différentes factions tribales à savoir les Zentanes et les Walfalla de l’Est, de l’Ouest et du Centre, les tribus du Sud : Touarègues, Toubous et Béni-Slimane et les représentants des villes de Tripoli, Misrata et Benghazi.

Cette participation qui couvre l’ensemble du champ politique et social est déjà une grande victoire pour le Sénégal qui travaille, dans cette affaire, avec « la Fondation Brazzaville » dirigée par M.Jean-Yves Olivier et en synergie avec le président Denis Sassou Nguesso, facilitateur de l’Union Africaine pour le dossier libyen.

Le dialogue ouvert à Dakar va se poursuivre pendant deux autres jours sous la houlette du président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Moustapha Niasse, ancien ministre des Affaires Etrangères et envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la résolution de la crise politique en RD Congo et dans d’autres pays africains.

C’est le président Macky Sall qui a mis à contribution le président Niasse dont il a loué le savoir-faire diplomatique, la générosité, et l’engagement sincère pour la cause continentale. Il a estimé que son expérience serait très utile au service du peuple frère de Libye.

Le président Niasse s’est ensuite adressé aux acteurs politiques libyens pour les exhorter à s’inspirer des valeurs de la Oumma islamique et des enseignements du Saint Coran pour agir dans l’intérêt de leur peuple qui aspire à la paix.

Il a aussi rappelé l’engagement historique de la Libye dans les luttes panafricanistes, toujours en faveur du respect des droits inaliénables des peuples d’Afrique. C’est pour quoi aider, en retour la Libye pour qu’elle retrouve la paix et la concorde entre ses fils, est un devoir exaltant.

Il a salué la présence active et pertinente du ministre Sidiki Kaba, ministre des Affaires Étrangères du Sénégal dont le background avait déjà été mis en relief par le chef de l’État sénégalais.

La diplomatie sénégalaise joue ici dans un registre spécifique pour mettre ses hôtes dans les meilleures conditions pour qu’ils puissent dialoguer dans une ambiance propice au dépassement. Le président Niasse a mis à l’aise ses hôtes dans un discours marqué du sceau de la Teranga sénégalaise qui place ceux-ci(les hôtes) sur un piédestal.

Les applaudissements nourris qui ont ponctué les discours du chef de l’État sénégalais et du président de l’Assemblée nationale du Sénégal sont une première indication en ce qui concerne la disponibilité de tous ceux qui ont fait le déplacement en terre sénégalaise.
Assurément un pas fondamental est posé, il suscite l’espoir et c’est déjà beaucoup.

 

 

 

Félicitations à Kabine Komara pour la sortie de son nouveau livre sur les eaux transfrontalières 

 

La Fondation Brazzaville est heureuse de partager le nouveau livre de l'un des membres de notre Conseil Consultatif, SE M. Kabine Komara. 

Préfacé par l'actuel Président de la Répulbique du Sénégal, SE M. Macky Salle " L'eau, enjeu vital des relations internationales - Eaux transfrontalières : bombes à retardement ou facteurs de coopération et de paix ?" propose une radiographie saisissante des caractéristiques actuelles des ressources en eau, des initiatives actuelles et des instruments juridiques internationaux mis en place pour en assurer la meilleure appropriation. 

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"Lutte contre les médicaments falsifiés : des experts mondiaux réunis dans la capitale anglaise" 

 Article  publiee dans L'ADIAC


A l’initiative du Harvard Global Health Institute, London School of Hygiene and Tropical Medicine et la Fondation Brazzaville, basée au Royaume-Uni, une rencontre se tient les 27 et 28 mars, à Londres, à la faveur d’une conférence pour débattre de la problématique sur les faux médicaments.

Selon des statistiques, chaque année, plus de cinq millions de personnes meurent dans le monde à cause du VIH/sida, la tuberculose (TB) et le paludisme, considérés comme trois principaux problème de santé publique. En effet, cette rencontre des experts mondiaux de premier plan en matière de santé, de droit et de sécurité ainsi que des décideurs, régulateurs et représentants de l'industrie pharmaceutique du monde entier, permettra d’évaluer l'état actuel du problème et discuter de la voie à suivre. Ainsi, les participants s’interrogeront sur le nombre de décès dus à l'utilisation de médicaments de qualité inférieure ou falsifiée ; la responsabilité des médicaments falsifiés dans l'augmentation de la résistance aux antimicrobiens.

« La prolifération de médicaments de qualité inférieure ou falsifiée est une cause majeure de l'augmentation de la résistance aux antimicrobiens, ce qui rend les infections dangereuses comme le VIH, la tuberculose et le paludisme plus difficiles à traiter et responsables de graves pertes économiques. La RAM devrait devenir la principale cause de décès d'ici 2050, tuant plus de personnes que le cancer », alertent les organisateurs.

En 2013, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé que plus de 120 000 enfants africains avaient perdu la vie à cause de faux antipaludéens et d'autres médicaments. L'énorme profitabilité du commerce de faux médicaments a créé une industrie qui, dès 2010, devait valoir plus de 75 milliards de dollars par an en ayant augmenté de 90% en cinq ans.

L'Assemblée mondiale de la santé appelée à passer à l’action 

Dans la perspective de la prochaine Assemblée mondiale de la santé prévue en mai, le Harvard Global Health Institute et la Fondation Brazzaville soulignent la nécessité de considérer les médicaments de qualité inférieure et falsifiés comme une menace majeure pour la santé mondiale, nécessitant des actions concrètes. Ces deux organisations, reconnaissant toutefois les recherches et les initiatives précieuses en cours dans le monde, pensent qu’il est temps pour la communauté internationale de se doter d’une stratégie coordonnée et globale qui aborde tous les aspects du problème. Elles estiment que cette stratégie devrait inclure des campagnes de sensibilisation des consommateurs aux dangers ; des cadres juridiques renforcés ; des sanctions pénales plus sévères ; et un meilleur accès à des médicaments génériques bon marché. Le but étant d’aider les pays en voie de développement qui sont contraints d'acheter de faux médicaments puisque ne disposant pas des moyens pour s'offrir des médicaments authentiques.

« Avec une meilleure coordination aux niveaux national, régional et international, nous sommes convaincus que les bonnes solutions politiques sont disponibles. Dans notre appel à l'action, nous voulons exhorter la communauté internationale, en commençant par l'Assemblée mondiale de la santé, à faire de cette question une véritable priorité dans le programme mondial de santé et à lui accorder l'attention et l'engagement qu'elle mérite », soulignent le Pr Ashish Jha, directeur du Harvard Global Health Institute, et Sir David Richmond, président directeur général de la Fondation Brazzaville.

Soucieux du fait que des malades font des voyages chaque jour dans le monde, pour se faire soigner en investissant énormément, ces deux personnalités notent une autre barrière les empêchant souvent de se faire guérir : la qualité des médicaments utilisés. « Chaque fois que des personnes recevront des antibiotiques à base d'amidon de maïs ou de médicaments antirétroviraux pour le VIH dépourvus des principes actifs adéquats, leurs voyages auront été vains. Et le coût de cet échec est énorme : l'enfant de 6 ans qui manque des mois d'école en raison d'un rétablissement inutilement long du paludisme, ou un homme qui propage par inadvertance le VIH résistant aux médicaments dans sa communauté, ou la mère qui meurt pendant l'accouchement (l'antibiotique était faux) », ont-ils poursuivi.

Parfait Wilfried Douniama

LIRE L'ARTICLE PUBLIE SUR LE SITE DE L'ADIAC

 "Le Changement climatique met les femmes en première ligne" 

 tribune de Cecilia Attias, Conseillere aupres de la Fondation brazzaville publiee dans LE HUFFINGTON POST


 

Cécilia Attias, membre du Conseil consultatif de la Fondation Brazzaville et Présidente de la Fondation Cécilia Attias pour les femmes, a publié une tribune sur le site internet du Huffington Post sur la place des femmes dans le débat sur les changements climatiques.

 

LIRE LA TRIBUNE PUBLIEE SUR LE SITE DU HUFFINGTON POST

Coopération Sud-Sud : Mettons la société civile à la table des négociations !

 tribune de Sir David Richmond, Directeur général de la Fondation brazzaville publiee dans LA TRIBUNE AFRIQUE 


 

 

En annonçant cet été le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat, Donald Trump avançait notamment comme argument le fait que les pays en développement ne contribueraient pas, d'un point de vue financier, à leur juste part dans la lutte contre le réchauffement climatique.

 

La question de la répartition du fardeau entre les pays du Nord et du Sud a toujours été le point de crispation dans les négociations internationales. Pourtant, de nombreux pays du Sud n'ont tout simplement pas le temps pour ce genre de querelles d'égos et s'engagent de leur côté. Au lieu d'attendre que les pays développés finissent de se disputer au sujet de ce qui est équitable ou non, les leaders de ces pays émergents et la société civile joignent en effet leurs forces pour protéger l'environnement et améliorer les conditions de vie de leurs citoyens.

De plus en plus, les nations africaines, asiatiques et latinoaméricaines travaillent ensemble, en partenariat avec des organisations non-gouvernementales, afin d'inventer de nouvelles façons de promouvoir le développement durable et de protéger leurs écosystèmes.

Le Fonds Bleu pour le bassin du Congo fait partie de ces initiatives. Lancé l'année dernière, lors du Sommet Africain de l'Action sous l'égide de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en marge de la COP 22 à Marrakech, par huit pays d'Afrique centrale, ainsi que la Fondation Brazzaville, ce fonds vise à redéfinir les bases de l'économie de la région du bassin du Congo, en passant de l'exploitation des forêts à un développement durable et innovant autour des eaux du fleuve Congo et de ses affluents. Préserver la forêt du bassin du Congo, le deuxième poumon de la planète après l'Amazonie, est une nécessité dans la lutte contre le réchauffement climatique.

À la tribune de l'Assemblée Générale des Nations-Unies en septembre, le Président de la République du Congo, Denis Sassou N'Guesso, en renouvelant son engagement envers le Fonds Bleu et en enjoignant les autres nations à participer à cette initiative, a montré que l'Afrique est prête à devenir le chef de file du développement durable. Et l'impulsion de nouveaux modèles de coopération prend de la vitesse.

En effet, il est opportun de rappeler dans ce cadre, que les 11 et 13 septembre, des milliers d'acteurs non-étatiques - représentants d'ONG, autorités locales et régionales, entreprises etc- se sont réunies pour le Sommet Climate Chance à Agadir au Maroc. Tous ont pu échanger sur les volets de la lutte contre le réchauffement climatique, depuis le financement d'actions concrètes jusqu'à l'harmonisation des différents agendas. Ces acteurs ont également appelé à l'accélération de la transition vers une économie plus durable, et ont insisté sur la nécessité d'avoir des moyens conséquents pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La déclaration d'Agadir, nouvel élan pour la société civile

 

Ils ont également reconnu que la lutte contre le réchauffement climatique est intrinsèquement liée aux principaux défis mondiaux, comme la fin de la grande pauvreté, l'accès aux énergies renouvelables et à de meilleurs soins, et enfin la protection de la biodiversité. Ainsi, la Déclaration d'Agadir témoigne de la détermination des acteurs non-étatiques et de la société civile à coopérer avec les gouvernements pour répondre aux enjeux du réchauffement climatique et promouvoir un développement durable dans les pays du Sud en général, et en Afrique particulièrement.

Parmi les exemples d'initiatives de ce type, des ONG et différents mouvements sociaux au Brésil, au Mozambique et en Afrique du Sud se sont unis entre 2011 et 2014 autour d'un projet de banque communautaires de semences agricoles. Ce programme permettait à des fermiers, des chefs ruraux et des ONG originaires de ces trois pays de partager des techniques agricoles adaptées à leurs communautés. Le soutien de chaque Etat était crucial pour permettre la mise en place du programme et le bon déroulé des négociations, bien que le manque de confiance des pays envers les ONG a entravé par la suite certains projets individuels.

Le lancement dudit Fonds Bleu pour le bassin du Congo est un autre exemple de l'efficacité du travail et des réflexions menées par la société civile. En tant que fédérateur et mobilisateur du projet, la Fondation Brazzaville a ainsi permis aux pays d'Afrique centrale de mettre en place une feuille de route impliquant une coopération « Sud-sud » pour préserver la richesse du bassin du Congo, que ce soit en termes humains mais aussi financiers, venant ainsi contredire les déclarations de M. Trump..

Néanmoins, répliquer les bénéfices de ce type de modèle dans d'autres pays du Sud dépendra de la capacité des Etats et des acteurs non-étatiques à se faire confiance, ainsi qu'à une véritable reconnaissance du fort potentiel d'action de ces acteurs et de leurs expertises parfois plus précises des thématiques, de par leur présence sur le terrain.

La société civile est dynamique et agile dans des domaines dans lesquels la bureaucratie alanguit la réactivité des Etats. Pour agir de façon intelligente et efficiente, les gouvernements doivent se saisir des compétences, des ressources et de toute la bonne volonté que la société civile peut offrir. Le moment est venu de redéfinir notre modèle pour que les lignes entre les pays, entre le secteur public et privé, entre les Etats et les acteurs non-gouvernementaux ne soient plus des obstacles à la coopération mais autant d'opportunités de connaissances et d'efforts qu'il faut partager !

SIR DAVID RICHMOND

 TRIBUNE PUBLIEE DANS LA TRIBUNE AFRIQUE

Seule l'Union africaine est capable de faire renaitre la Libye de ses cendres

 

 tribune de jean-yves ollivier, president de la Fondation brazzaville publiee dans LE MONDE AFRIQUE 

 

  Président de la Fondation Brazzaville, Jean-Yves Ollivier plaide pour un plan de paix de l'organisation panafricaine prônant la mise en place de nouveaux organes de transition. 

Sous le pays plongé dans le chaos, l’ex-Jamahiriya de Kadhafi, ces anciennes provinces ottomanes – la Tripolitaine, la Cyrénaïque et le Fezzan – que seule la tutelle étrangère unifiait, perce enfin une Libye nouvelle. Elle sera unie, démocratique et prospère à condition d’être la Libye des Libyens. Elle verra le jour dans les semaines à venir si la feuille de route proposée par l’Union africaine (UA) parvient à relayer des initiatives jusqu’ici éparpillées et parfois rivales et, surtout, si elle répond à la profonde aspiration à la paix d’une population qui a trop souffert. Les Libyens n’en peuvent plus du règne de l’arbitraire et des pénuries.

J’entends bien le chœur des incrédules, le faux rire des désabusés. N’y a-t-il pas trop en jeu pour qu’on laisse « 6 millions de Bédouins sans expérience de gouvernance » décider de leur sort ? D’autant que leur sort est lié à notre lutte contre le terrorisme islamiste, à la menace qu’un grand nombre de migrants en attente en Libye fait peser sur la rive nord de la Méditerranée, sans parler des richesses convoitées que sont le pétrole et le gaz libyens. Justement !

Je renverse le raisonnement : pour ne pas dégénérer en problèmes insolubles, ces enjeux de première importance requièrent, en face, un partenaire fiable. Par exemple, l’accord que l’UE a signé avec Tripoli, le 3 février, pour co-gérer les flux migratoires reste lettre morte, faute d’emprise sur le terrain du gouvernement reconnu par la communauté internationale. Bien pire, il place l’Europe devant le dilemme d’être soit submergée soit moralement responsable des noyés du désespoir et des migrants « bouclés » en Libye, souvent dans des conditions inacceptables.

Un banc d’essai régional

Aussi, dans la liste des enjeux internationaux, manque l’avenir du monde arabe. Il faut avoir la mémoire bien courte pour oublier que la Libye s’inscrit dans ce contexte. La chute du colonel Kadhafi a fait partie du « printemps arabe » et la lutte entre les forces de démocratisation et les partisans d’une restauration autoritaire se poursuit plus âprement que jamais, même si ce n’est plus dans la « rue arabe ».

La Libye, malgré ses particularités, a toujours été un banc d’essai régional. Le Kadhafi de la fin éclipse le fringant officier de 27 ans qui prit le pouvoir en 1969 à la tête d’un Conseil révolutionnaire calqué sur le modèle nassérien. Puis, quand le rêve panarabe était épuisé, la Libye s’est transformée en laboratoire panafricain. L’acte de naissance de l’UA a été signé en 1999 à Syrte.

L’Afrique, notamment sahélienne, a autant souffert des convulsions libyennes que les Libyens eux-mêmes. Il suffit de penser au Mali, la principale victime collatérale mais loin d’être la seule.

Mais l’on aurait tort d’en tirer argument pour sanctifiera posteriori, « l’Etat des masses ». Il était à bout de souffle en 2011. Le présent n’avait plus d’avenir en Libye. Pour autant, nul besoin de diaboliser en bloc les quarante-deux années du pouvoir de Mouammar Kadhafi. S’il n’y avait qu’un acquis à en retenir, ce serait le sentiment d’unité nationale que, malgré tout, ce long règne a permis de faire éclore. Là encore, pas de fausse naïveté : le pétrole, qui coule à flot depuis les années 1970, a subventionné le sentiment d’appartenance des rentiers de l’or noir.

Consensus en huit points

Alors, quel est le plan que je soutiens de toutes mes forces ? Il part d’un consensus en huit points, qui engage la vaste majorité des Libyens : une Libye unitaire, un seul gouvernement, une armée nationale soumise à l’autorité civile, le désarmement des milices, une justice indépendante, une amnistie générale, le retour des exilés, des élections libres dans les meilleurs délais.

Si besoin, une force de paix de l’UA pourra sécuriser, dans un premier temps, ces piliers d’une stabilité retrouvée. Dans l’immédiat, un « comité des sages » – une quarantaine de personnalités respectées, de tous horizons – devra accréditer les 400 à 500 délégués d’une conférence nationale qui pourra se réunir à Dakar, au Sénégal, pour mettre en place les organes de transition, notamment un gouvernement d’union nationale. Ces instances prendront la relève de celles issues de l’accord de Skhirat conclu, en décembre 2015, sous l’égide de l’ONU. Il expire à la fin de l’année.

Depuis de longs mois, j’œuvre en coulisses pour cette feuille de route. Elle traduit dans les faits le plan de paix de l’UA, placé sous l’autorité de son président en exercice, le Guinéen Alpha Condé, et piloté par un comité de dix chefs d’Etat que préside le Congolais Denis Sassou-Nguesso.

J’ai rencontré de nombreux acteurs libyens, sans exclusive, « l’islamiste nationaliste » Abdelhakim Belhadj aussi bien que « le kadhafiste » Bachir Saleh. Mieux, ceux-ci se sont rencontrés pour confirmerleur adhésion à ce plan de paix. Samedi 9 septembre, le président Sassou-Nguesso a réuni, à Brazzaville, le chef du Conseil présidentiel, Fayez Al-Sarraj, le commandant de l’armée nationale et d’autres acteurs de la crise libyenne. Tout est fin prêt pour que l’UA officialise sa démarche, idéalement en marge de l’Assemblée générale des Nations unies qui se tient cette semaine à New York. Un mouvement d’opinion, confiant en l’avenir de la Libye, lui faciliterait grandement la tâche.

JEAN-YVES OLLIVIER

 TRIBUNE PUBLIEE DANS LE MONDE AFRIQUE 

Changement climatique : La Fondation Brazzaville participe au sommet mondial " Climate Chance 2017" 


 ARTICLE de la redaction DE L'ADIAC-CONGO

 

 

 La ville d'Agadir, au Maroc, abrite du 11 au 13 Septembre un sommet international sur le climat, dénommé " Climate Chance 2017 ", auquel la Fondation Brazzaville qui oeuvre dans ce domaine y prend activement part dans le but d'apporter son soutien dans la lutte contre le changement climatique.

Sa participation au sommet du Maroc s’inscrit dans la poursuite de l’esprit de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015. Au cours de ces assises, la Fondation Brazzaville a joué pleinement sa partition aux côtés d’autres fondations et Organisations non gouvernementales qui luttent contre le changement climatique et la dégradation de l’environnement.

À l’occasion, elle a animé un panel consacré essentiellement à la mise en œuvre des stratégies de renforcement des capacités de la coopération sud-sud.

 

 

Climate Chance 

Side event : Focus 4C Maroc : « Renforcer les capacités pour accélérer l’implémentation des CDN»

Panel de discussion - Catalyser la coopération Sud-Sud pour accélérer la mise en œuvre des CDN

« La Fondation Brazzaville poursuit le dialogue avec l’ensemble des acteurs engagés dans la préservation de l’environnement et la lutte contre le changement climatique. Nous sommes fiers de participer au sommet mondial « Climate Chance 2017 », à l’initiative du royaume du Maroc. « Nous espérons que la concrétisation de l’initiative Fonds Bleu pour le Bassin du Congo inspire de nombreux projets », a déclaré Sir David Richmond, directeur de cette Fondation, dans un communiqué de presse publié le 11 septembre.

Génitrice de l’idée de création du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, la Fondation Brazzaville se dit honorée de ce que le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, ait accepté de présenter ce projet lors de la COP22, organisée à Marrakech au Maroc.

À la faveur de ce sommet qui avait réuni neuf pays de la sous-région, ainsi que le Maroc, un mémorandum d’entente marquant officiellement la naissance du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo sera signé. L’objectif est, précise le communiqué, de protéger les forêts en vue de lutter contre les effets néfastes du réchauffement climatique, mais aussi d’améliorer le cadre de vie des populations habitant le long de cette zone géographique.

Rappelons que la Fondation Brazzaville est une organisation à but non lucratif dédiée à la résolution des conflits, à la préservation de la nature. Elle agit aussi comme facilitateur indépendant et neutre entre les parties belligérantes en Afrique et de par le monde.

 

VOIR L'ARTICLE DANS L'ADIAC-CONGO