Les accords de Brazzaville

Les accords de Brazzaville sont le résultat de longues négociations secrètes afin de ramener les protagonistes du conflit en Afrique Australe au dialogue

A l’occasion du 25ème anniversaire de cet évènement, le Président Denis Sassou N’Guesso, acteur de premier plan dans ces négociations, avait appelé à perpétuer l’esprit de ces accords. Inspiré par ce voeu, Jean-Yves Ollivier, cheville ouvrière ayant oeuvré dans les coulisses des accords, a décidé de créer la Fondation Brazzaville.
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La signature des Accords de Brazzaville

Le 13 décembre 1988 s’inscrit dans l’histoire de l’Afrique moderne comme un moment-clé assurant le règlement pacifique d’un conflit en Afrique australe vieux de plus de vingt ans et ouvrant la voie à la fin de l’apartheid.

L’Afrique australe est déchirée depuis les années 60 par une guerre de frontières opposant l’Afrique du Sud, l’Angola et le Sud-ouest-africain (aujourd’hui la Namibie).

Depuis le départ de la puissance coloniale portugaise en 1975, le territoire angolais est aussi tiraillé par une guerre civile. D’un côté, le MPLA (Mouvement Populaire de Libération de l’Angola); Il gouverne le pays et est soutenu par l’Union soviétique et Cuba. De l’autre côté, l’UNITA (Union pour l’Indépendance Totale de l’Angola) ; il est soutenu par les Etats-unis d’Amérique et l’Afrique du sud qui tend parallèlement à neutraliser les bases de la SWAPO (South West Africa People Organisation), mouvement indépendantiste, qui oeuvre, depuis la capitale de l’Angola, pour la libération de la Namibie sous la tutelle sud-africaine. Véritable imbroglio marqué par des offensives sanglantes, cette guerre des frontières s’est rapidement transformée en conflit idéologique, devenant indirectement un théâtre d’affrontements des superpuissances de la Guerre froide.
Chester Crocker, alors Sous-Secrétaire d'Etat chargé des Affaires Africaines sous la présidence de Reagan aux Etats Unis, orchestre un premier plan de paix sur la base de la “ politique du linkage ”, c’est-à-dire, assurer l’indépendance de la Namibie et le retrait des troupes cubaines de l’Angola en vue de mettre fin par la sutie au régime de l’apartheid.

LA FONDATION Y PUISE SON INSPIRATION, SES MÉTHODES D’INTERVENTION ET SE POSITIONNE AU SERVICE D’UNE PAIX GLOBALE.

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L’instauration d’un climat de confiance

Dès avril 1987, les Etats Unis et l’Angola commencent à se réunir à Brazzaville sous l’impulsion du President de l’OUA. Denis Sassou N’Guesso, médiateur à l’époque pour les négociations tchadiennes, se révèle alors être un véritable catalyseur pour restaurer le dialogue entre les deux pays. Cuba joindra leur négociations trois mois plus tard.

Pour instaurer un véritable début de confiance en Afrique australe, Jean-Yves Ollivier négocie parallèlement pendant sept mois un vaste échange de prisonniers. Le 7 septembre 1987, sur le tarmac de l’aéroport Maputo au Mozambique, il permet ainsi la remise en liberté de 133 soldats angolais et d’une cinquantaine de combattants pour l’indépendance de la Namibie contre le capitaine sud-africain Wynand Du Toit, ce qui permettra également la libération de deux militants anti-apartheid détenus en Afrique du Sud, le coopérant Pierre-André Albertini et l’anthropologue néerlandais Klaas de Jong.

Quelques mois plus tard, fort de cette réussite, Jean-Yves Ollivier persuade le gouvernement Sud-Africain de réunir les personnes ayant participé au succès de cet échange de prisonniers dans le relais de chasse du désert du Kalahari. Son objectif : permettre aux acteurs de ces conflits régionaux d’échanger dans le plus grand secret et sans ordre du jour afin d’apprendre à se connaitre et à se faire confiance. Un pacte informel se conclut, un complot pour la paix, où une paix dans la région se dessine sans règlement de compte et tout en assurant la fin du régime de l’apartheid.

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Vers la fin d’une crise en Afrique australe

C’est ainsi que des premières négociations débutent entre les gouvernements sud africain, angolais et cubain à Londres le 9 mars 1988, organisées par Chester Crocker. Puis durant l’été 1988, l’Angola, les Etats-Unis, Cuba et l’Afrique du Sud se retrouvent à New York et à Genève. Enfin, entre juin et décembre 1988, cinq rencontres s’organisent dans la capitale congolaise. Un accord historique prend forme et se formalise le 13 décembre 1988 sous la médiation officielle du gouvernement des Etats-Unis d’Amérique. Assurant le retrait progressif et total des troupes cubaines du territoire angolais, l’accord veille à l’application de la Résolution 435 (1978) du Conseil de sécurité des Nations unies prévoyant la conclusion d’un cessez-le-feu en Namibie et la tenue d’élections supervisées par les Nations unies en vue de l’indépendance du pays.

Signé à l’identique à New York le 22 décembre 1988 sous la supervision onusienne, l’accord de Brazzaville, devenu accord de New York, marque un tournant. En ouvrant la voie au rétablissement de la paix en Afrique australe, l’accord conditionnera quatorze mois plus tard, le 11 février 1990, la libération de Nelson Mandela et la suite de négociations constitutionnelles qui mèneront le 30 juin 1991 à la fin officielle de l’apartheid en Afrique du Sud.

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